mercredi 14 février 2007

St-Valentin



Montelimar, Nicaragua, hotel Barcelo, la plage vers midi; l'ombre est tout près des troncs...

Ça fait une drôle de photo de St-Valentin, avec personne dessus. C'est pas de ma faute, il n'y avait personne sur la plage; ils étaient tous au bar ou à la piscine ou en train de prendre des cours de Merengue. C'est tant mieux, je crois que les vacanciers de Transat n'auraient pas amélioré la vue.... Drôle de trip que j'ai fait en conduisant André et sa fiancée Johanne, un couple d'amis, passer le week-end dans cet hôtel "tout-compris". On rentre tout d'un coup dans une espèce de sous-culture qui m'est totalement inconnue. C'est beau, c'est riche, c'est confortable, c'est propre, c'est comme Cancun ou Cuba ou n'importe où sous les tropiques; voilà, c'est exactement comme n'importe où sous les tropiques. Ça fait sûrement bien la job quand on veut juste changer le mal de place et oublier le quotidien pour une semaine ou deux, mais c'est seulement comme n'importe où. Ce fut ma contribution personnelle à la St-Valentin.

Après avoir déposé les amoureux, je suis rentré tout seul à la maison et revenu ainsi dans le monde réel; une demi-heure de route pavée à travers des plantations de canne à sucre suivie de paysages montagneux assez arides, mais ouvrant de temps à autres des paysages époustouflants. J'ai bien dit une route pavée; pas asphaltée, pavée avec des pavés. Plusieurs routes et rues de ce pays à faible coût de main d'oeuvre sont ainsi construites; ça fait des chemins assez confortables où l'on roule tranquillement en profitant du paysage. Les automobiles sont rares, les gens assis à l'ombre sur leurs pas-de-porte dans les pueblos me suivent longuement du regard, comme le riche intrus que je suis dans cette campagne pauvre de ce pays pauvre. Ici, les voitures personnelles sont rares et remarquées. Les gens se déplacent en "chicken-bus"; c'est ainsi que l'on appelle ces autobus scolaires réformés dans nos pays pour devenir ici la base du système de transport en commun. Les passagers s'y entassent bien au-delà de ce qui nous semblerait déjà excessif; ils voyagent parfois debout sur les marchepieds, voire sur le toit avec les bagages. Les sièges prévus pour deux enfants accueillent trois adultes et leurs bagages à main. Le prix du passage est ridicule selon nos critères, mais il est encore trop cher pour les usagers, comme en témoignent les crises sociales entraînées par les augmentations de tarif découlant des hausses du prix du pétrole.

Le système officiel de transport en commun est complété par la débrouille plus ou moins organisée, et tarifée selon la tête du client; tout ce qui se déplace sert au transport de personnes. Voitures privées, camions, pick-up etc. Au cours de mon voyage dans le sous-continent j'ai pu mesurer la capacité d'un pick-up standard: pour la marchandise, seule la hauteur du chargement est limitée, probablement par la hauteur des viaducs. Pour les animaux, le record c'est deux boeufs Brahma en biais, tête-bèche selon la diagonale; j'ai failli les suivre pour voir le spectacle du débarquement. Pour les êtres humains, mon record s'établit à 14 debout. Pour être juste dans ce petit portrait du transport en commun centraméricain, je dois dire qu'il y a aussi des autobus de luxe (comme les notres) pour les grandes distances. Le trajet de Managua à San-Jose (Costa-Rica) coûte 12,50$ pour 9 heures de route. Le salaire minimum s'élève à 60$ par mois.

Longue digression pour vous dire que je suis rentré seul à la maison. Pour la première fois depuis mon arrivée. Leticia m'a fait une cuisse de poulet avec du riz et une espèce de ratatouille fort bonne ma foi. J'ai mangé seul dans la gloriette, sans livre et sans télévision, juste à savourer le plaisir d'être seul dans ce petit paradis et d'écouter les bruits de la nuit tropicale. Seul? pas tout à fait; comme vous le savez déjà, je partage la gloriette avec des tourterelles tristes. La deuxième génération est en pleine saisons des amours... Il y a aussi des lézards nocturnes; ils sont vert très pâle, presque albinos. Je suppose qu'ils ne voient jamais la lueur du soleil, c'est sans doute ce qui explique leur pâleur. Ils se tiennent près des lumières et dévorent tous les insectes qui passent à portée de leurs dents. Je dis leurs dents, parce que je les ai vus prendre des mordées dans les ailes des papillons de nuit jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus voler. Drôle de méthode de chasse! Les papillons tombent par terre, et les lézards restent en haut comme des cons à les regarder. À part un malin qui m'a sauté sur l'épaule, les autres ont dû se contenter des petits moucherons qui sont encore plus cons que les lézards comme chacun sait. La nature est cruelle.

Encore une digression! Je voulais juste vous dire le plaisir que j'ai eu à me retrouver seul dans la maison. Je sens la misanthropie me gagner lentement mais sûrement; pas la version Molière, mais plutôt la déclinaison Alexandre le bienheureux. Si vous ne savez pas ce que je veux dire, allez louer le film.

Bonne St-Valentin à toutes mes admiratrices!

3 commentaires:

Marie Eve a dit…

Eh bien nous on etait 5... et on a pas fete la Saint-Valentin. On ne peut pas dedier UN jour a l'amour. C'est bien trop banal!

Aujourd'hui on est le 26 et... je t'aime!

-Marie Eve

Anonyme a dit…

Ça paraît que tu as eu dela grande visite cette semaine!
On est samedi le 24, la St-Valentin estpassée depuis longtemps, et on n'a même pas un petit paragraphe de ta part à se mettre sous la dent! Alors ses retrouvailles au Ricard....
M.

Anonyme a dit…

Alors on néglige ses admiratrices! Trop de rhum de ricard et que sais-je. C'est pas bien ça cher dilettante.