mardi 30 janvier 2007

Toujours tropical, mais moins tramp!

Aucun rapport avec le texte du message; un paresseux dans un arbre, sur la place d'un petit village dans les environs de Managua. Nous, on a des écureuils, ici c'est entre autres des paresseux.



Il y a un petit chemin bétonné qui nous conduit de la gloriette où je passe le plus clair de mon temps, à la maison. Ce chemin est bordé de plantes tropicales, comme il se doit sous ces latitudes. Parmi elles, un jeune bananier projette une palme en plein à la hauteur de mon front. Pendant plus d'une semaine, j'ai baissé la tête pour éviter l'obstacle en me disant chaque fois qu'il faudrait bien demander à Emer de tailler cette palme qui nuit à mon passage. Je ne l'ai pas fait, le bananier à poussé suffisamment pour que je ne courbe plus l'échine en passant. Les plantes poussent à vue d'oeil dans ce pays de cocagne....


Emer, c'est notre jardinier. Jeune vingtaine, peu bavard et taciturne, il soigne efficacement les centaines de plantes ornementales et d'arbres fruitiers qui ornent notre propriété. Son épouse Leticia fait le ménage et la cuisine, peu de cuisine et beaucoup de ménage. Elle est toujours accompagnée de son petit Emer de 2 ans, Emercito pour le distinguer de son papa. Lorsque je me lève, à 6 heures et demie, le café fume déjà dans la cuisine où je vais me servir la première tasse pour aller la déguster dans la gloriette où Leticia m'accueille, souriante comme à son habitude. Elle ira bientôt me cueillir une orange ou un pamplemousse, ou encore une mangue bien mûre ou quelques bananes ou encore quelques fruits exotiques que je laisserai là, sur la table, pour le plaisir de qui voudra les déguster. Le matin je me contente de cet excellent café en attendant que le gardien de nuit, Vidal Antonio, vienne me faire son rapport en me remettant "l'escopeta" qu'il est si fier de porter.


Voilà la vie que je mène depuis la dernière fois que je vous ai parlé; déjà la routine après ce grand vagabondage à travers les Amériques. Il est vrai que certaines routines sont moins tristes que d'autres.


Je vous ai déjà dis que je ne suis plus seul; en plus de toute cette équipe que je viens de vous présenter, je partage cette grande maison avec Myriam, la fille de Jean-Pierre, et son mari Santiago. Mardi dernier, André, un de nos partenaires, est venu nous rejoindre. Dans quelques jours, Jean-Pierre lui même sera ici, peut-être avec d'autres amis. Il restera encore de la place pour la visite, et il y aura des mangues pour tous.


Je vous ai longtemps laissés sans nouvelles; un peu par égoïsme et par paresse, mais beaucoup par manque de connexion Internet.... Le Nicaragua est un pays paradoxal; les gens sont gentils, doux et empathiques, les commerçants sont serviables et efficaces, mais pour avoir Internet, il faut faire un vrai parcours du combattant auprès du monopole privé qui gère la téléphonie. Il m'a fallu 8 jours francs avant de pouvoir bénéficier du plaisir de vous écrire depuis le confort de mon nouveau foyer. J'aurais toujours pu aller le faire au bord de la piscine du Holiday Inn, mais je me suis entêté; je tenais à écrire ce message ici même. Voilà, c'est fait.


J'ai pris un grand plaisir à vous écrire ce petit mot quotidien (ou presque) pendant cette traversée; j'ai beaucoup apprécié vos commentaires et vos encouragements. Si vous voulez bien, je continuerai à publier un petit mot de temps à autres, selon l'inspiration, ou jusqu'à ce que l'exercice perde son intérêt, pour vous ou pour moi. Faites-moi savoir si l'exercice vous intéresse; je tâcherai aussi de publier quelques photos d'ici et du voyage.

mercredi 17 janvier 2007

Managua!

Il est 6 heures du matin. Le soleil se lève et enflamme les petits nuages épars qui flottent au loin dans un ciel uniformément bleu. Une petite brume d'été trouble la vue sur les montagnes au loin, sur l'autre rive du lac. Des banderoles colorées souhaitent la bienvenue aux présidents Evo Morales et Cesar Chavez. C'est ici qu'ils ont séjourné pendant leur visite récente à Managua, dans ce même hôtel où je suis installé depuis deux jours.
Voilà, c'est fait. Contrairement à mes plans initiaux, j'ai décidé de filer directement de Tegucigalpa à Managua. Partis vers 11 heures, nous étions installés à 16 heures dans ce Holiday Inn que je connais si bien, après un voyage sans histoire sur une des meilleures routes depuis mon départ.
Je dis nous, parce que j'avais deux passagers (c'était ça la surprise que je vous annonçait!). J'ai embarqué Myriam et Santiago, la fille et le gendre de mon ami Jean-Pierre Ousset, pour leur donner un petit bout de conduite dans leur voyage de noces Montréal-Buenos-Aires. Ils viennent de passer la nuit en camping dans notre maison, j'ai préféré les y laisser pour retourner dans le confort de mon hôtel. J'attends d'avoir un lit et une chaise(au moins) avant de m'installer à mon tour dans la Quinta Marita!
Je ne suis plus seul, je suis arrivé à destination, Je vous aime tous toujours autant, mais je vais ralentir substantiellement mon rythme de production de ce billet. D'abord parce que je suis emporté par le tourbillon de l'installation de la maison, et surtout, parce que je vais être privé d'internet facile pendant quelques jours, le temps de trouver un fournisseur.
Continuez à m'écrire, je vous répondrai dès que possible.
J'ai fait 7200 Km sans histoires; j'ai traversé un demi-continent, et demain je me pose dans ma maison sous les tropiques pour le reste de l'hiver. Je tâcherai de vous conter un peu de cette nouvelle vie, mais comme vous savez, les gens heureux n'ont pas d'histoire.... Alors ne m'en veuillez pas de ma baisse prévisible de production.

dimanche 14 janvier 2007

Tegucigalpa




Encore des photos de Esquipulas. À gauche, c'est la vue que l'on a de loin en arrivant, à droite on voit une partie du camp de fortune des pèlerins, et mon hôtel c'est l'immeuble jaune que l'on distingue au fond.
Je suis arrivé à Tegucigalpa vers 15 heures 30. Petite journée tranquille; au Honduras, il faut voyager le dimanche. Compte tenu de la corruption qui règne dans ce pays, mieux vaut éviter la police. J'ai donc développé une technique que je recommande aux amateurs. Avant chaque traversée de village, je me colle derrière le plus gros camion à ma portée et je le suis jusqu'à la sortie. Quand le policier m'aperçoit, good-bye, trop tard! Ça ralentit un peu la vitesse moyenne, mais on s'en fout, on n'est pas pressés. J'ai réussi une journée sans policiers.
Rendu à Tegus (c'est comme ça que les intimes l'appellent, c'est plus facile à prononcer) Je me suis perdu, comme de raison. Je n'ai pas de carte de la ville. J'ai seulement une carte à grande échelle du Honduras, et le policier d'hier voulait que je lui donne tellement elles ont l'air rares! J'ai arrêté au bord de la rue pour demander mon chemin. Un jeune homme très affable m'a remis sur la voie, tout en me conseillant de ne plus jamais faire ça, arrêter dans les rues de la ville; on ne sait jamais ce qu'il pourrait m'arriver! Ambiance!
J'avais choisi un hôtel moyen, et je me retrouve dans le plus cher de la ville, parce que c'est le premier que j'ai trouvé! 100$ quand même, mais il y a des compensations; en premier, les 12 gardes armés qui vont surveiller ma voiture cette nuit!
Demain, ce sera ma dernière journée dans ce pays. Évidemment, c'est injuste de juger tout un peuple à partir des quelques individus que j'ai rencontré! Mais je crois que le Honduras mérite bien cette réputation de pays corrompu et dangereux. Ils en sortiront certainement un jour, mais pour le moment, je vais aller dans le pays d'à côté.
Dans mon prochain message, une surprise!

samedi 13 janvier 2007

Honduras

La photo n'a pas rapport avec le titre; C'est une partie des boutiques qui encerclent le "camp de réfugiés" de la basilique de Esquipulas.
Je suis rendu à San Pedro Sula, Honduras. Je ne vous en parlerai pas, le seul intérêt que cette ville représente pour moi aujourd'hui, c'est qu'elle se trouve à seulement 250 Km de Tegucigalpa, ma prochaine et avant dernière étape avant Managua. J'ai bien cru pourtant que je pourrais éviter cette étape, mais la bureaucratie et la route horrible ont eu raison de moi.
Pourtant, tout c'est passé pour le mieux, et c'est ça qui est terrible! La bureaucratie des pays d'Amérique centrale est proprement hallucinante. Faut que je vous raconte en détail, au risque de vous ennuyer.
D'abord, pour sortir du Guatemala, il faut passer aux douanes; c'est comme ça. Il faut un tampon de sortie du pays dans notre passeport. C'est gratuit et obligatoire pour entrer au Honduras. On arrive à la frontière en traversant un espèce de village qui s'est bâti de façon anarchique sur le bord de la route. Une sorte de village western constitué de boutiques de toutes sortes et de bureaux officiels ou non. On avance avec difficultés à travers un amoncellement de voitures et de camions stationnés n'importe comment, et, tout d'un coup, on tombe sur une barrière qui bloque la route. Il y a un gars armé en uniforme débraillé assis ou plutôt renversé sur sa chaise accotée sur une guérite déglinguée, qui me fait signe d'aller me stationner sur le côté. J'obéis et vais le voir. Il faut 2 photocopies du permis d'importation temporaire de la voiture, vous pouvez les obtenir là, me dit-il. Deux Quetzal à la madame et je retourne à la barrière. Elle s'ouvre et j'avance d'une case. Bureau des douanes pour avoir l'étampe dans mon passeport, petit interrogatoire de routine est c'est fini. Non, il faut aller au bureau à côté faire les papiers de sortie du véhicule et fournir 1 photocopie; chouette, j'en ai 2. La 2ème, c'est pour le souvenir. La fonctionnaire fait ses devoirs, claviotte sur son ordinateur, me pose quelques questions, sort vérifier que ma voiture existe, rentre, finit ses papiers et me donne congé. Goodbye Guatemala, bonjour Honduras. Là, je suis accueilli par 5 ou 6 gars qui me font signe et m'aident à stationner. Ils m'offrent tous leurs services pour me conduire dans les arcanes de l'immigration hondurienne. Je les arrête:"Vous ne croyez pas que je suis assez vieux pour le faire tout seul?" Si, si me répond le plus grand, celui qui a une casquette rouge. Son air narquois m'alerte; je l'engage. Combien? 20$; on règle pour 10 et c'est reparti! D'abord du change; j'échange mes Quetzal contre des Lempiras; pas le choix alors pas de négociation, j'en aurai bien besoin. Ensuite immigration. Personne! Mon caddy va chercher le douanier qui s'excuse, étampe mon passeport, me demande 52 Lempiras (c'est 18 Lempiras pour 1$) je lui tends un billet de 100 et il le laisse sur le comptoir pendant qu'il répond à sa blonde en s'excusant auprès d'elle de n'avoir pas fait ce qu'il lui avait promis de faire. Il revient à moi, me parle de la pluie, du beau temps et du Canada, très sympa! Bon me dit-il, qu'est-ce qu'on fait avec le change? Et bien, tu le gardes lui réponds-je. Gagné! c'était la bonne réponse. Il inscrit 90 jours dans l'espace approprié de mon visa! Mon caddy est totalement fier de moi. Maintenant que nous avons un visa, faut des photocopies. Ça tombe bien, il y a un magasin pas loin qui en fait. Les papiers pour la voiture maintenant. La rareté de mon cas jette l'émoi dans le bureau, un canadien! Pour la peine, ils me font rentrer derrière le comptoir d'où je regarde, un peu géné, les clients ordinaires qui attendent derrière la vitre. Mon caddy a bien travaillé; il avait réuni tous les renseignements, incluant le numéro de série du moteur! Encore un lot de photocopies et voilà. Ah oui, c'est 70$. J'essaye de négocier, rien à faire, ils sont tous contre moi. Je paye et c'est fini; tout le monde est heureux de ce happy-end. On se serre chaleureusement les mains, je donne 12 dollars à mon ange gardien et je reparts.... pas loin jusqu'à une autre barrière! Et on repart pour un tour! Passeport, d'où venez-vous, où allez-vous, vous n'avez pas de licence en avant, etc. Au moment où je mets la main à la poche pour re-contribuer au bonnes oeuvres de la douane, il me rend mes papiers avec un beau sourire et un joyeux "welcome in Honduras!" Gratos; j'en suis pas encore revenu.
Il fait 32°C. La route est belle et on dirait que les montagnes sont encore plus hautes et escarpées que la veille; je suis euphorique suite à cet heureux passage de frontière. Pour la peine, je mets de la musique, le hot-seven d'Amstrong. Tegucigalpa, here I come! Tout à coup, au détour d'un virage, une autre barrière, et une autre race d'uniformes. On recommence. Vous n'avez pas de licence en avant? D'où venez-vous, qu'est-ce que cette boite dans la voiture? Stationnez-vous ici. Un civil armé se joint à nous, le ton monte un peu. Tout d'un coup, j'avise le badge brodé au bras de l'uniforme: "El Salvador!"Tout s'éclaire. Dans mon euphorie, j'ai raté un embranchement, et je suis entré au Salvador. On s'explique, on se réconcilie, je leur donne le reste de mon paquet de cigarettes et demi-tour. Je ne serai pas à Tegucigalpa ce soir. Manana!
J'espère que je ne vous ennuie pas, parce que c'est pas fini...
La route que j'ai suivie est parsemée de barrages de police; ce sont des barrages filtrants, et ils arrêtent une voiture de temps à autres. J'y ai eu droit deux fois. Le premier s'approche de ma fenêtre et me lance:"vous savez que fumer est dangereux pour la santé?" Je crois rêver! Il m'informe qu'en vertu de la loi constitutionnelle du 1er janvier 2006, il est interdit de fumer en conduisant! S'ensuit un dialogue surréaliste que je vous raconterai un jour; je suis tanné de casquer, et j'ai décidé que les oeuvres sociales de la police se passeraient de ma contribution pour cette fois. À la fin, je lui ai proposé de venir avec moi au poste de police pour demander à son chef de confirmer, il a changé de sujet de conversation pour parler de mon camion....
Quant au 2ème, c'est dans un autre registre; un barrage de l'armée pour permettre à des collecteurs de fonds de taxer les automobilistes pour venir en aide à leur coach de football, hospitalisé suite à un accident grave! 5 Lempiras pour une cause noble, et l'impression tenace que je ne resterai pas longtemps au Honduras!
Ceci dit, je ne veux pas vous lasser sur une mauvaise impression; j'ai trouvé tout ça plutôt comique; on peut sortir des bananes d'une république, mais on peut aussi sortir d'une république de bananes! Aujourd'hui, d'ailleurs, c'était plutôt des ananas.
Demain Tegucigalpa, après Choluteca et après Managua, à la maison!

Esquipulas II


Esquipulas! Je me suis gentiment fait reprendre chaque fois que j’ai prononcé le nom de cette petite ville. D’abord par ce gentil gardien de sécurité de l’Université de Guatemala City lorsque je me suis perdu en voulant quitter la ville. Tout le monde se perd Guaté. Lorsque je lui ai expliqué mon cas, il a appelé la patrouille auto pour qu’elle me montre le chemin. Je n’ai eu qu’à les suivre et voilà ! Je leur ai offert un petit quelque chose, et ils ont refusé. On est loin du Mexique! Le gardien lui a accepté les 10 Quetzals que je lui ai offerts. Ah oui, je sais que vous le savez tous, mais je vous le rappelle au cas où vous l’auriez oublié; le Quetzal, c’est la monnaie d’ici. 7,5 Quetzals pour 1$ US. Esquipulas, me reprit-il en accentuant l’antépénultième syllabe; moi j’accentuais le "i". Je me trompe encore de temps autres, et je me fais toujours reprendre, avec gentillesse toujours.
J’ai fait une très belle étape aujourd’hui; courte et belle. Le Guatemala est un pays de montagnes et de volcans; le paysage est beau et dur. Les montagnes sont tellement pic qu’elles offrent peu d’espace de culture. Elles sont couvertes d’une végétation très verte mais très broussailleuse. C’est un vrai émerveillement de voir les campesinos utiliser chaque espace disponible pour la culture vivrière; au besoin, ils creusent à la main de minuscules terrasses (des restanques comme dirait mon ami Jean-Pierre) pour agrandir l’espace cultivable. La route est naturellement une route de montagne. J’ai du prendre au moins 3 millions de virages depuis que je suis ici; je me suis musclé les bras comme Rambo! Quel soulagement donc lorsque, passé quelques dizaines de Km, je suis entré dans une large vallée fertile, d’apparence prospère et au longues routes droites. Je ne sait pas ce qu’ils cultivent, mais j’ai vu des raisins et des cucurbitacées aux étals des marchés; j’aurais pu dire des citrouilles et leurs dérivées, mais il y en avait de très bizarres... Beaucoup de melons et de pastèques. J’ai aussi vu de grands champs où ils cultivent dieu sait quoi sous pellicule de plastique; il faisait 33°celcius ce 12 janvier! Peut- être cultivent-ils des légumes cuits la source? Je vais creuser la question...
C’est comme ça que je suis arrivé vers 16 heures Esquipulas. Détendu et émerveillé par les paysages changeant de cette étape.
Vous avez compris de mon dernier message que ce n’est pas le lieu de pèlerinage qui m’a attiré ici. Je hait la religion et le mercantilisme; on y trouve les deux. C’est plutôt qu'ici ont eu lieu les rencontres entre les chefs d’état d’Amérique centrale qui ont abouti aux célèbres accords d’"Esquipula II" en 1986. Ces accords ont été salutaires pour la normalisation de la vie sociale et politique dans toute l’Amérique centrale, et ils ont aussi permis la réalisation des accords de paix au Guatemala en 1996. Je m’étais un peu intéressé ces choses l’époque, et vu que je passais par là , ben je m’y suis arrêté!
J’ai des photos! J’espère qu’elles sont bonnes et que j’aurai la patience de les installer pour que vous les voyez (au fait, si l’un de vous pouvait me donner des conseils sur une façon facile d’afficher des photos sur un blog, je l’apprécierais énormément!) Quel spectacle fascinant que cette ville bâtie autour d’un énorme basilique; elle fût construite sur les ordres d’un mec important, un chef d’église, qui guérit "miraculeusement" de dieu sait quelle maladie, il y a 250 ans. Énorme basilique avec un immense parvis prolongé d’une immense place. Les marchands sont installés tout autour de la place, leurs étals donnant dans les rues qui en font le tour. Sur la place même, un immense camp de réfugiés, o plutôt, ce que j’ai vu qui s’en rapproche le plus! Ce sont les pèlerins qui sont installés là , sous des abris de fortune (beaucoup de toiles bleues ou brunes en plastique) en attendant de faire leurs dévotions au Christ Noir, et sans doute en attendant sa fête, le 15 janvier. Je me suis promené dans ce camp, et par pudeur j’ai pris peu de photographies en feignant de photographier la basilique; j’ai été impressionné par l’atmosphère de foi intense qui se dégageait de ce campement de fortune. Vrai que la religion est la cocaïne du peuple! Je n’ai pas vu de gringos mais, manifestement il y a beaucoup de touristes du reste de l’Amérique centrale, Esquipulas est un lieu de culte important pour toute la région.
J’ai pris un hôtel en face du camp de réfugiés histoire d’ être dans l’action. En me voyant ils m’ont spontanément offert la suite. Je l’ai prise, c’est ma fête et elle coûte 40$. C’est une belle grande chambre, pas d’internet et une belle télévision écran plat. Je ne l’allume pas, j’entends celle du voisin...
Demain je rentre au Honduras, et je suis en train de me convaincre d’arrêter tous près de la frontière, Copan qui recèle un fabuleux site Maya. Je verrai selon mon humeur, la température et les formalités aux douanes.
Dépéchez-vous d’aller voir les sites internet de tous ces noms que je vous cite c’est d’un grand intérêt; moi je n’ai pas le temps de le faire, mais je le ferai. Aussi, quand je serai grand, je vous mettrai des liens directs dans mon blog.

vendredi 12 janvier 2007

Esquipulas

Juste un petit mot pour vous rassurer. Ce ne sera pas long, je n´ai pas internet dans la chambre et je vous ecrit d´un cafe internet sur un clavier espagnol. Pour vous donner une idee, j´ai reussi á faire une apostrophe en cliquant sur la deuxieme touche á droite du "L" et en faisant "espace!"
Je suis rendu á Esquipulas, á 2 pas de la frontiere du Honduras que je compte passer demain.
C´est une ville de pelerinage comme Cap de la Madeleine ou Lourdes! Sur le meme scenario; un peking á trouvé une source miraculeuse, et ils ont bati une business commerciale autour...
Je vais me promener; si j´ai l´occasion, je vous écrit plus long sur mon ordinateur et je le publierai des que l´occasion se présentera. Ce fut un tres beau voyage.
Merci encore á toutes et tous pour vos voeux d´anniversaire; je l´ai fété hier soir alors je vais recommencer puisque c´est aujourd´hui le bon jour!

Hasta luego!

jeudi 11 janvier 2007

Ciudad de Guatemala



Allez, encore une photo de Comitàn; j'ai aimé cette petite ville, et j'y retournerai. Cette photo est intéressante à plus d'un titre; tout d'abord, on y voit mon reflet! Ensuite, c'est la photo d'une plaque installée par la municipalité qui honore la mémoire d'un professeur, ce qui est rare et digne de mention; les instituteurs et les professeurs devraient toujours figurer tout en haut de l'échelle des valeurs dans une société qui se respecte.... Son libellé m'a ému: "Prof untel, il a cultivé les arts, les sciences, les orchidées et les enfants". Je ne connais pas ce professeur, mais il serait certainement fier d'avoir mérité un tel témoignage de reconnaissance de sa communauté! En même temps, j'ai trouvé que cette délicatesse honore la ville de Comitàn.

Voilà, je vous ai fait assez languir. Le titre l'annonçait, mais je suis rendu à Guatemala City. Grosse étape dans ce voyage. Je l'appréhendais; je vous ai dit la frontière, mais c'est le pays que je crains. C'est un pays qui a une vieille tradition de violence; j'y suis venu à la fin des années 70 pour répondre à l'appel des syndicats qui n'en pouvaient plus de la répression dont ils étaient victime, et j'ai eu peur, à l'époque. 200 000 victimes civiles de l'oligarchie, dans le silence total de la communauté internationale. Ça laisse des traces, et ça dicte des comportements durables. Le peu que j'ai vu aujourd'hui me le laisse penser. J'ai passé à peu près 12 contrôles policiers; un automobiliste s'est fait arrêter devant moi par un policier arme au poing, juste pour un contrôle de routine! Les moeurs politiques de ce pays ont l'air de changer dans le bon sens, mais pour les mentalités, ça va prendre du temps....

Une heure à la frontière, cool! Ils n'ont même pas jeté un oeil dans la voiture. J'ai fait des papiers avec des tampons, et encore des papiers. Passeport, permis d'importation temporaire d'une automobile, désinfection sanitaire, plus formalités de sortie du Mexique, tout ça dans 4 bureaux différents. Les douaniers guatemaltèques sont en moyens de pression contre leur employeur; ils veulent une revalorisation de leurs salaires. Je leur ai dit qu'au Canada, leurs confrères veulent des guns, et ils m'ont répondu qu'ils sont prêts à leur donner les leurs qui sont en train de rouiller faute d'utilité contre une augmentation significative. Je leur ai promis de faire le message.

Un seul Hic, pas d'assurance; malgré toutes les informations que j'avais vérifié comme j'ai pu, pas possible de contracter une assurance auto à la frontière. Les douaniers m'ont suggéré de vérifier dans la capitale, ce que je vais faire demain. En attendant, j'ai été prudent; j'ai roulé le plus vite possible en me disant que plus on roule vite, moins on est longtemps sur la route et donc moins on a de chances d'avoir un accident. C'est encore plus vrai dans ce pays où, contrairement au Mexique où j'ai trouvé les conducteurs particulièrement courtois et affables, ici c'est le struggle for life; chaque place dans la file doit être chèrement payée. L'ennemi absolu, c'est la voiture qui est devant soi! N'ayez crainte, vous n'avez pas à rougir de moi en vertu du principe énoncé plus haut. La route a été difficile; elle traverse des paysages fabuleux, très montagneux, surtout au début, toute en virages, en montées et en descente. Ici, pas besoin d'altimètre; il suffit de surveiller le thermomètre. 25 degrés dans les creux, 12 degrés dans les hauteurs. Les différences de températures sont hallucinantes.

Contrairement à ce que laisse prévoir leur attitude de conducteur et leurs moeurs politiques, les guatémaltèques sont très gentils, curieux et communicatifs. La route est en réfection, et j'ai passé à peu près 3 heures à attendre dans les embouteillages causés par la fermeture d'une voie de circulation. Chaque fois, c'était une superbe occasion de bavarder avec mes compagnons d'infortune, en faisant contre mauvaise fortune bon coeur. Riche et fatigante journée.

Demain je fais étape à Esquipulas (Vous saviez même pas que ça existe, moi non plus!) tout près de la frontière du Honduras. C'est là que je vais fêter mon anniversaire (79 ans) Merci du fond du coeur à tous ceux qui m'ont envoyé un message pour l'occasion.

Voilà, c'est fini pour aujourd'hui!

PS. J'apprécie beaucoup lire vos messages, et je m'efforce d'y répondre; je n'ai pas l'adresse internet de certains d'entre vous, ce qui me prive de ce plaisir. Alors Jacques, Carole et ceux à qui je n'ai pas encore répondu, mettez-moi donc votre e-mail!

mercredi 10 janvier 2007

Des photos!!!

Vues depuis la route de ce matin; je suis monté au ciel en partant de Tuxtla Gutierrez, et je suis descendu à Comitàn. Petite frayeur en rentrant dans le nuage; le nuage était bien épais et la route bien escarpée. Le grand soleil m'attendait à la sortie... Sur la photo du bas, on distingue Tuxtla, au fond de la vallée.









Comitàn, Chiapas


À petite étape, petit billet, petite chambre.

J'ai fait aujourd'hui ma plus petite étape du voyage (si on omet mon passage de la frontière à Matamoros, mais ça ne compte pas) Alors comme de raison, j'ai eu une petite chambre.

Je suis à Comitàn, tout au sud du Chiapas, à quelques kilomètres de la frontière du Guatemala que je passerai demain de bonne heure. J'appréhende ce passage; c'est bête, mais je déteste ces petits détenteurs de petits pouvoirs que sont les gens en uniforme, et les douaniers par dessus tout! Oui, vous me direz qu'il y a aussi les gardiens de prisons; je suis tout à fait d'accord avec vous.

J'ai fait une route courte, certes, mais j'ai vu des paysages fabuleux, les plus beaux de ce raid des Amériques jusqu'à présent. Et je suis passé à San Cristobal de las Casas sans arrêter! Ça m'a pris ce matin, pendant que je buvais mon café dans ma chambre en préparant l'étape de la journée. Je me suis mis à chercher un hôtel à San Cristobal qui était, je vous le rappelle, un de mes buts importants. Là, j'ai réalisé que cette ville était devenue une destination de choix pour les étrangers à la recherche d'un petit frisson de révolutionnaires de salon; la plupart des auberges sont détenues par des étrangers, et elles offrent à qui mieux mieux les délices décadents de notre civilisation: saunas, massages, bains parfumés etc. En plus, il faisait froid (16 degrés) En plus, je ne peux y passer qu'une seule nuit. Alors, non merci pour cette fois, peut-être au retour, je pourrai y consacrer plus de temps.

J'ai poussé jusqu'à Comitàn, ce qui me rapproche du Guatemala, et j'ai découvert une ville coloniale charmante, à peu près totalement exempte de touristes. L'architecture est remarquable d'homogénéïté, un peu comme Granada au Nicaragua. Je loge à 2 pas du Zocalo où je suis allez manger un croque-monsieur (!) au poulet et au piment fort, au piment fort et au poulet devrais-je dire, avec une bière brune XX (c'est la marque, ils ont arrêté de justesse!) et j'ai pris des photos! Je vais essayer de les afficher, mais je suis encore coincé avec une connexion sans-fil pourrie.

Je vous ai dit que j'avais une petite chambre? Elle est petite et charmante; pas de table, alors je vous écris le lap-top sur les genoux, alors j'arrête ici pour tout de suite
La photo: c'est une des rues qui longent le Zocalo. La ville est pleine de statues contemporaines, et d'hommages à des musiciens et des artistes. Sympatique!

mardi 9 janvier 2007

Hasta la vista Veracruz


Veracruz, 8 janvier


Le vent a soufflé toute la journée. Ça a commencé hier, autour de midi. C’est le 30ème front froid à sévir dans la région. Je l’ai vu dans le journal; dans le titre de l’article plutôt, parce que dans le corps, ils parlaient du 20ème, et nulle part ils ne disaient depuis quand le décompte est commencé. Alors, on a mis une petite laine; tout le monde a mis une petite laine, j’ai même vu des madames avec d’opulents chandails à col roulé à paillettes, comme si ce front froid était l’occasion que tous attendaient pour sortir leur beau linge rare, celui qu’on met pour les grandes occasions. Pour un peu, ils auraient sorti les visons! Ils n’ont pas osé, ou alors ils n’en ont pas. Il fait 25 degrés quand même, ce soir 20 heures. J’ai dîné de bonne heure, demain je vais essayer de donner un grand coup, si les conditions le permettent.
J’ai pris mon dernier repas sur le Zocalo de Veracruz; une paella. En m’asseyant une table à l’abri de ce vent harassant (sur la terrasse quand même!), j’ai demandé au serveur combien de temps ça prendrait; 35 mn me dit-il. Grimace de ma part. Oh vous savez, c’est pas des grosses minutes, et des fois ça en prend seulement 28 ou 30, dépendant du chef... Bon, dans ces conditions, je me fais une raison; pour patienter, je commande un verre de vin rouge et des olives. Je reçois 2 verres de rouge (c’est le happy hour) et le pot d’olives au complet.
Ce matin, j’étais, comme d’habitude allais-je dire, tant il m’est facile de m’installer dans ce genre de vie, j’étais au Gran Café Del Portal où je suis allé tous les matins pour déjeuner en lisant le journal. C’est une grande brasserie où l’on peut manger de 7 heures à minuit. Pas de vin, de la bière et surtout le café "lechero" C’est un grand café au lait servi dans un verre épais par un garçon spécialisé; il se promène parmi les tables avec deux bouilloires, l’une de lait chaud, et l’autre avec un espèce de sirop de café concentré. On l’appelle en faisant tinter a cuillère sur notre verre; comme tout le monde le fait, ça fait un joli concert. Il nous verse 1 pouce de sirop de café et verse ensuite le lait de très haut, ce qui le fait mousser. J’en ai redemandé, pour le plaisir de faire tinter mon verre et pour assurer ma ration mensuelle de calcium.
C’est comme ça que j’ai passé mes trois jours Veracruz. Je n’ai pas pris beaucoup de photos, pas par manque de sujets, ils sont nombreux, mais parce que le bonheur béat est dur à photographier...

Je me sens bien dans ce pays et sous ces latitudes; j'aime cette nonchalance, affectée ou réelle, des gens du sud, de tous les sud. La seule gène que j'éprouve, c'est le regard d'envie qu'ils me portent; pour eux, je reste l'homme du nord, ce gringo tellement riche qu'il fait de l'éthanol avec le maïs. Eux ils font des galettes, des tortillas qui constituent la base de leur alimentation. Des millions de familles mexicaines et centr'américaines dépendent du maïs pour se nourrir. Grâce à nos percées technologiques pour limiter notre dépendance au pétrole et soi-disant limiter la pollution, le prix du maïs augmente dans des proportions insoutenables pour ces familles. J'aimerais, des fois, que le discours écologiste intègre un peu mieux les préoccupations sociales, et qu'il soit moins égoïste. Tiens, pour la peine, je décide de boycotter l'éthanol.
Je pars demain, mais vous lirez probablement ces lignes quand je serai arrivé, je ne sais encore où. Je vais aller le plus loin possible pour me rapprocher du Guatemala, ce qui veut dire que je vais probablement coucher au Chiapas. C’est une zone turbulente en lutte contre le pouvoir central qu’ils accusent de les maintenir dans la pauvreté. L’armée y est omniprésente dans l’espoir d’éviter la réédition de l’occupation de la ville de San Cristobal De Las Casas par les rebelles du sous-commandant Marcos. La région est très belle dit-on, mais je ne la visiterai pas, plus de temps.... Je verrai au retour. Je vais quand même la traverser ce qui me permettra de faire du repérage.
J’espère fort avoir accès à internet, mais les chances s’amenuisent mesure que je m’enfonce dans le sud et dans la pauvreté. On verra.
PS. Je publie ce message après celui, à chaud, sur mon arrivée au Chiapas. Pas parce que je le trouve bon, mais parce que je l'ai écrit.

Chiapas, aqui estoy!


Le titre pourrait se traduire par: Chiapas, me voilà. Ça fait un peu fanfaron, mais tant pis, c'est écrit. Ce qui est bien quand on est seul, c'est qu'on peut écrire n'importe quoi, et il n'y a personne pour nous corriger, ou pire, nous reprendre. Alors je peux vous dire n'importe quoi. Tiens, un exemple: je vous ai dit que je prenais (et abusais des fois) de la Corona à Veracruz. Et bien, c'était pas vrai. C'était de la Negra Modelo; une bière de riche tirant sur le brun foncé, qu'ils me servent spontanément en voyant ma face de gringo. Je vous en parle parce que je suis en train d'en déguster une en vous écrivant ce petit mot dans ma chambre du Crowne Plaza où j'ai atterri à Tuxtla Gutiérrez, capitale du Chiapas.

100$ la chambre; le record du voyage! Mais il y a internet et toutes les commodités, et plein de personnel obséquieux qui disent oui chaque fois que je parle. C'est une thérapie que je recommande à tous les solitaires retraités; venez au Crowne Plaza de Tuxtla Gutiérrez et, d'un coup, vous allez voir la vie telle qu'elle aurait dû être. Pas de récriminations du personnel, ou des associés, ou des dirigeants, ou du conjoint ou de dieu sait qui.... On décide seul et les choses arrivent à peu près comme elles devraient arriver!

Excusez-moi, c'est une blague; la vérité, c'est que la route a été assez dure et j'ai été saisi de l'envie obsessionnelle de me faire gâter en arrivant où je n'aurais pas rêvé d'être ce matin. J'ai un peu étiré l'élastique, complètement abusé que j'étais par les premiers 200 Km d'autoroute; là, j'ai fait une pause, le plein du réservoir et j'ai changé le plan de match. Il était midi, le soleil était radieux, et je me suis dit pourquoi pas? J'ai pris la sortie suivante pour Tuxtla (êtes-vous parvenus à le prononcer?) et l'enfer s'est déchaîné! Une route à péage infecte, bosselée, crevassée, les trous dans l'asphalte bouchés avec de la terre jaune, à un endroit, la moitié de la chaussée effondrée dans le précipice, et l'abîme indiqué par 2 petits cônes oranges ridicules, de la pluie de modérée à forte tout le temps, et du brouillard épais de temps à autres! 5 heures pour faire 300 km! Bienvenue dans les montagnes du Chiapas! Ça m'apprendra à ne pas suivre les recommandations du CAA. Au moins, les militaires se tenaient tranquilles à l'abri de la pluie; j'ai évité au moins 4 contrôles...

Le paysage est fabuleux; je suis dans les montagnes et, neige à part, ça fait des paysages suisses, très vert, de l'eau partout, des rivières, des torrents, des cascades et des lacs (je dois en oublier!) que je pouvais apercevoir dans de rares percées de soleil.... I shall return!

Voilà, à chaud ce que fut ma journée. Je finis ma Negra Modelo, je vais à la banque chercher des sous, je vais dîner et je vous reviens peut-être; j'ai un message en suspens que j'avais écrit pour vous à Veracruz et je verrai s'il est publiable.

Merci pour vos nombreux messages, c'est une vraie récompense de les lire à l'étape... Pour la peine, je vais essayer de publier une photo.

PS. C'est Jean-Marc qui a, le premier, trouvé le nom des habitants de Rio, les Cariocas. Bravo. Je ne vous demande pas le nom des habitants de Tuxtla, je ne l'ai pas encore trouvé!

PPS. La photo, c'est le Zocalo de Veracruz au petit déjeûner.

lundi 8 janvier 2007

Direction Chiapas



Et c'est reparti! La photo n'a pas rapport, c'est juste une occasion d'en afficher une de "El Tajin"

Je pars demain de bonne heure pour une longue étape après un repos salutaire et très agréable à Veracruz. Je vais coucher quelque part au Chiapas, espérons que ce ne sera pas dans un camp de brousse du sous-commandant Marcos!

Je n'ai pas d'assurance pour l'Amérique centrale, mais un courtier m'a juré ses grands Dieux que j'en trouverai une à la frontière. Inch Allah!

Je vous envoie un petit mot d'où je serai rendu, si je peux.

Hasta luego companeros y companeras



Le "Zocalo" le soir (samedi soir)

La photo est assez nulle, surtout quand on l'agrandit en cliquant dessus (vous vous rappelez?) Mais c'est la fête et j'avais mon content de Corona bien fraiches!



Voilà la cour intèrieure de mon hôtel. Je vous l'envoie vite avant que ma connexion ne ferme!!!

Au fait, si vous cliquez sur les photos, pouf! elles s'agrandissent....

Encore Veracruz

Veracruz, 7 janvier 2007 (je mets l’année pour m’habituer, c’est fou comme on perd la notion du temps dans ce genre de trip solitaire!)

Je resterais volontiers dans cette belle ville vraiment conviviale; beau climat, belle architecture bien préservée dans le quartier historique, pas trop de touristes étrangers, pas trop de mendicité même si l’extrême pauvreté reste visible….
Veracruz (La vraie croix) compte 550 000 habitants, et elle a été fondée en 1598. C’est un genre de Québec du sud. Les habitants s’appellent les « Jarochos »; aucun rapport, comme pour les habitants de Rio de Janeiro (Quizz : celle-là, je vous laisse chercher un peu! Si vous trouvez, mettez-le en commentaire, comme ça tout le monde le saura) Ce sont, je vous l’ai déjà dit, des Totonacos en plus beaux. J’ai su pourquoi; c’est parce qu’ils sont mâtinés de Toltèque et Aztèque, probablement les civilisations qui les ont zigouillés quand ils sont tous devenus des petits gros à force de sélection génétique invertie. J’en suis pas encore revenu; imaginez à quoi les québécois pourraient ressembler dans 1000 ans si on éliminait tous les Guy Lafleur et les Myriam Bédart! J’en frissonne rien que d’y penser…. Même «Word» m’a mis un souligné trembloté sous Bédart!
J’habite un magnifique hôtel dans le quartier historique à 2 pas du Zocalo où je vais prendre tous mes repas, et en face du port. C’est un monastère franciscain construit en 1615 je crois, et qui a été superbement restauré. Le plafond de ma chambre est à peu près à 18 pieds de haut, et elle pourrait contenir l’assemblée annuelle de la Caisse de la Culture! J’ai 2 ou trois photos de la cour intérieure que je pourrai publier si vous me le demandez. S’ils avaient mis internet dans les chambres, je serais au paradis (Encore que surfer au bord de la piscine en buvant une Corona bien fraîche, il y a de pires punitions!) tout ça pour 45$ par jour.
Nous sommes dimanche et il fait beau avec une brise de mer qui atténue la canicule. Cet après-midi, je suis allé me promener sur le Malecon. Comme vous le savez, c’est ainsi qu’on appelle le bord de mer aménagé dans les pays latinos. Les Jarochos se promenaient en famille dans leurs habits du dimanche (ce qui fait un certain sens) Je me suis assis sur un banc pour les regarder passer. J’ai assisté aussi au départ d’un gros cargo mexicain appelé « Alamo ». Les défaites des uns sont toujours la victoire d’un autre. Les mexicains ont gagné à Alamo, mais ils ont perdu le Texas. Ils ont quand même l’air assez content du résultat net puisqu’ils ont donné le nom de Santa Ana à la place près de mon hôtel (c’est le général qui a gagné l’un et qui a perdu l’autre) Comme disait mon douanier existentialiste, on s’en fout qu’il nous aient pris le Texas et la Californie, on est en train de les envahir à petit feu et au complet!
La vie est belle, mais le ciel risque de s’assombrir; vous vous rappelez (peut-être ne vous l’ai-je pas dit) que je n’ai pas d’assurance auto pour l’Amérique centrale; le courtier qui m’a vendu l’assurance mexicaine me demandait 3 ou 4 semaines d’attente pour m’en fournir une; je suis parti quand même en me disant que je pourrai en trouver une au Mexique ou à la frontière des autres pays. C’était une autre des raisons que j’avais de me poser quelques jours dans une grande ville; pour trouver un assureur. Cependant, plus le temps passe, moins j’ai envie d’aller me cogner le nez à la frontière du Guatemala pour réaliser qu’il n’y a pas d’assureur! Comme vous savez, je suis arrivé ici le week-end, et les courtiers se reposent. J’ai donc décidé de rester lundi et j’espère pouvoir régler ça demain. Si ça ne marche pas, faudra décider autre chose.
Je m’en vais prendre une dernière Corona au bord de la piscine et j’essaye de vous envoyer ça avec, peut-être une ou deux photos….

Remember The Alamo!

Bon, j’ai essayé et ça n’a pas marché. Manana, avec peut-être des bonnes nouvelles. J’ai quand même pu envoyer 2 e-mail; ne vous impatientez pas, votre tour finira bien par arriver.

dimanche 7 janvier 2007

El Tajin




Voilà le terrain de balle, à droite; les spectateurs se tenaient sur les pyramides qui servaient d'estrade et les joueurs ( 2 ou 4) jouaient la où se trouvent les touristes. Au fond, la jungle.
À gauche, un bas relief qui orne ce terrain de jeu. On y voit distinctement en bas au milieu, un des joueurs qui se tranche la zigounette et arrose l'autre joueur de son sang. C'est notamment à partir de ce bas-relief que les historiens ont déduit que c'était le vainqueur qui était zigouillé! En tous cas, ça explique peut-être pourquoi les français ont perdu au mondial!!! Il y a des fois où il vaut mieux être second....
D'autres photos tantôt, si ça marche...












Paplanta, vue de ma chambre


Je vous l'avais promise, la voilà la photo! Je suis à Veracruz en train de batailler avec une connexion erratique, alors ne vous étonnez pas si je deviens moins constant dans mes communications avec vous! J'essaye fort, et, le cas échéant, j'afficherai des mots plus courts, et je publierai mes textes plus longs et des photos, dès que j'en aurai la possibilité!
Veracruz est une très belle ville et mon hôtel est très chouette malgré son internet artisanal!
Hasta la vista!

Veracruz!

Veracruz, 6 janvier, 21 heures- heure centrale (je ne vous le dirai plus, je n’en change plus!)

Terrible déception; pas de connexion internet dans la chambre de ce Holiday Inn, mais connexion sans-fil sur le bord de la piscine. L’un compense l’autre, et temps pis pour l’intimité. Deuxième déception, mon gestionnaire de Blog (Google himself) est en panne. J’ai passé 2 heures à essayer de publier mon billet d’hier, en vain. Avant de jeter mon portable dans la piscine, j’ai décidé d’aller me calmer les nerfs ailleurs; après tout, je suis rendu là où je voulais aller, et tant pis pour vous si vous ne le savez pas encore. Ça viendra.
Je suis à Veracruz, capitale de l’état éponyme (je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je déteste ce mot employé à toutes les sauces par trop d’animateurs, par un effet de mode… Excusez-moi, mais il est venu tomber tout seul au bout de mes doigts, alors je l’y laisse!) Veracruz, c’est aussi le titre d’un western avec Gary Cooper et Burt Lancaster que j’avais vu enfant, vers le milieu des années 50. N’allez pas le louer, il a très mal vieilli. N’empêche que lorsque je l’ai vu, ce film représentait pour moi, jeune français fils d’immigrés en province, un sommet dans l’exotisme; je me suis toujours dit qu’il faudrait bien y aller pour vrai. J’y suis.
Veracruz est un des ports les plus importants du Mexique. Sa possession a fait l’objet de nombreuses guerres, incluant, ça ne s’invente pas, la guerre des gâteaux. Anglais, français, américains, pirates, tous s’en sont donné à cœur joie; même Gary Cooper et Burt Lancaster y ont mis du leur… Vous avez tout ça et plus sur internet, maintenant que vous y êtes habitués; juste à faire la recherche sur Google. Si vous voulez voir le chemin que j’ai parcouru et les cartes, allez sur « Mapquest ».
J’ai fait 5000 Km depuis mon départ de Montréal le 25 décembre dernier. Si j’en juge par le thermomètre de la voiture, je suis là où je voulais être; il a fait 32 degrés et le ciel est complètement dégagé, bleu comme un ciel qui aurait vu des cartes postales et qui voudrait faire mieux pour épater la galerie.
Le trajet s’est déroulé sans histoire; je commence à intégrer la culture automobile mexicaine, j’ai même dépassé un camion en passant sur une double ligne jaune devant un policier! Il n’a pas bronché, et j’ai économisé au moins 12 dollars. Je suis encore chez les Totonaques, mais on dirait que c’est la branche qui a réussi; les villages sont plus proprets, les maisons mieux entretenues. J’ai quand même vu un âne mort, tout près des maisons, avec 45 vautours qui se chargeaient de la voirie, tranquilles tant ils étaient certains qu’il y en aurait pour tous, et que personne ne viendrait les déranger. Tant que je suis dans la chronique animale, j’ai vu aussi une auto frapper une dinde de plein fouet; je ne sais pas pourquoi, j’ai eu une pensée attendrie pour Myriam Bédard…
Pour oublier ma déconvenue informatique dont je vous parlais tantôt, je suis aller dîner (souper si vous voulez, en tout cas, il était 19 heures) sur le Zocalo (oui, il y en a un ici aussi, comme dans toutes les villes du Mexique)Celui là est particulièrement remarquable part l’architecture des immeubles qui l’entourent et par son animation. La place est entourées de grandes arcades où les bars et restaurants ont installé leurs terrasses. En face de chaque terrasse ou presque, un groupe de musiciens; je vous dis pas la cacophonie! En plus, ce soir, il y avait un spectacle sur la grand scène au milieu de la place. Lorsque j’ai vu la taille des hauts-parleurs, j’ai choisi le restaurant le plus éloigné, à l’arrière de cette scène. Alors, j’ai rien vu, mais j’ai entendu! D’abord j’ai cru reconnaître Léo Delibes dont les fortissimo réussissaient à couvrir la musique des Mariachis! Puis quelqu’un d’influent sans doute a fait taire les pauvres Mariachis (z’étaient pas contents) et hop on a tous pu entendre la même musique. Je m’était planté, c’était Strauss, puis Casse-noisette (Je n’écris pas Tchaïkovsky, je n’ai pas de dictionnaire!) etc. C’était un pot-pourri, le hit-parade des ballets. Donc j’avais bien entendu Delibes… La foule applaudissait à chaque respiration de l’orchestre, et comme le chef de la police devait y assister, assis juste à côté du Maire; les Mariachis n’avaient aucune chance. Heureusement, ils connaissent la musique; sur la dernière note de « La belle au bois dormant » ils sont repartis tous ensemble de plus belle. Moi aussi. J’avais mon content d’agitation et j’aspirais au calme!
Alors me voici au bord de la piscine à vous écrire ce petit billet et à essayer vainement d’accéder à mon blog. Manana!
Je reste ici 2 nuits pour refaire mes forces et surtout faire un petit ménage dans la voiture. Après je force le pas, ce qui veut dire que je vais devoir traverser le Chiapas sans arrêter. Dommage, mais ce sera pour le retour. Je fais moins de route que prévu sur ces chemins difficiles, et le calendrier me rattrape!
Soyez gentils, continuez à m’écrire, même si je ne vous réponds pas; ça devient de plus en plus difficile pour internet, et je n’ai pas le temps de vous répondre à tous, tous les jours. Je vais le faire, promis; en attendant, je vous lis assidûment avec grand plaisir, chaque fois que j’en ai l’occasion. Un petit mot pour les « anonymes »; faites un petit effort pour vous identifier en mettant votre commentaire, certains y arrivent, alors essayez de trouver la recette! N’ayez pas peur; je vous aime pareil, et je vous ai tous reconnus…


PS. Je me dépêche à publier ce message, même si je le trouve sommaire et incomplet; vous ne pouvez pas imaginer les pirouettes que j’ai dû réaliser pour vous l’envoyer; j’en ai attrapé un lumbago. Tant que j’ai la connexion, j’essaye des photos. Ne m’engueulez pas si c’est en vrac et sans commentaires… C’est un essai dans des conditions de brousse!!!

Los Totonacos

Paplanta, vendredi 5 janvier, 18 heures


Où est-ce que j’en étais? Ah oui, les Totonaques. J’ai mis le titre en espagnol juste pour vous permettre de progresser dans cette langue. Ça se traduit exactement comme tabarnaque. En passant, j’espère que vous avez apprécié mon demi exploit en lisant ma dernière parution; ce fut de la haute voltige! Les cafés internet où je suis allé (j’en ai essayé 2) font vraiment pitié. Ils ne coûtent pas cher (0,50$ pour une vingtaine de minutes) mais ils ne valent pas cher non plus. Demain, je serai en ville, et je vous promets que j’aurai une connexion décente pour vous transmettre une avalanche de photos, incluant celle que vous n’avez pas eue aujourd’hui.
J’ai passé la journée sur le site de El Tajin, la cité des Totonacos. Site classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, c’est le 3ème site archéologique le plus visité au Mexique, et il le mérite. Environ 127 structures identifiées, et 40 mises en valeur de belle façon. J’ai pris quelques méchantes photos, et je vais finir par les afficher un jour mais, si vous aimez les vieilles pierres et l’histoire des civilisations pré-colombiennes, je vous invite à aller sur internet, à vous abonner au National géographic ou, encore mieux, à venir ici à l’occasion d’un de vos nombreux congés. Si vous êtes comme ça, dépêchez-vous de faire vos valises, ça vaut vraiment le voyage; et, si vous êtes comme ci, et bien, le monde est vaste…. Moi je suis comme ça et aussi comme ci; j’aime les vieilles pierres, mais j’aime encore plus les gens, de l’époque et de maintenant.
La civilisation Totonaco a régné sur la région de l’an 100 à l’an 1200 croit-on. J’ai compris aujourd’hui pourquoi elle a disparu. Il y a d’abord ce truc complètement sauté des « voladores » Vous avez certainement déjà vu un reportage là-dessus. Ils sont 5 hommes et ils se rendent au boulot en paradant dans leurs beaux habits du dimanche tout brodés d’or, en jouant de la flûte accompagnée par ces petits tambours qu’on joue d’une main, comme les moulins à prière des bouddhistes. J’ai manqué la photo. Ils arrivent au pied d’un mât de 100 pieds de haut muni de petites marches. Ils grimpent jusqu’à une petite, toute petite plate-forme au sommet sur laquelle ils ont du mal à se tenir. Rendus là, ils se mettent à faire tourner la plate-forme en entourant ainsi autour d’elle 4 câbles qui pendaient jusqu’au sol. Le foreman continue à jouer du pipeau pour les encourager. Quand les câbles sont complètement enroulés, les 4 voladores (non c’est pas des voleurs, ce sont des hommes volants! Voleur ça se dit : ladron!) les 4 donc attachent chacun l’extrémité d’un câble à leur pied gauche et ils se lancent dans le vide en tournant sur eux mêmes et autour du poteau, à mesure que le câble se dévide, jusqu’à ce qu’ils se posent sur le sol. Compte tenu de la qualité des câbles de l’époque, ça devait être tout un jeu de massacre!
Leur autre sport était un jeu de balle; on ne connaît pas trop les règles, mais ils ont construit de nombreux stades pour y jouer. La théorie dominante, c’est que le gagnant (oui, oui, le gagnant) était sacrifié à la fin de la partie. Il allait rejoindre les dieux en pleine gloire, et tout le monde était content du beau spectacle.
Ma théorie, c’est qu’à force de sacrifier leurs meilleurs éléments génétiques, il ne restait plus que les petits gros (je le sais, je les vois à tous les jours sur la place du village!) et ils se sont fait planter par les autres civilisations qui elles, avaient compris qu’il valait mieux sacrifier le perdant et laisser faire pour le saut à l’élastique! Je crois bien que c’est ainsi que la civilisation Totonaco a disparu…. Je continue mes recherches.
En arrivant au guichet, il y a une grande banderole qui dit : « les travailleurs du Tajin rejettent l’abrogation de l’article 73 de la loi constitutive etc.… » Vous me connaissez; je demande au gars c’est quoi donc cet article 73 que vous rejetez? Vrai comme je vous le dit, des lumières se sont allumées dans ses yeux, et il m’a expliqué de long en large la conséquence de l’abrogation de cet article, content de voir un gringo s’intéresser à son sort et à celui de ses collègues. Les 8 personnes qui sont derrière moi à attendre leur tour apprécient… (oui c’est vrai, et non, c’est pas les mêmes qu’à la douane!) Le gars était tellement heureux qu’il était gêné de me faire payer les 45 pesos de la visite (45 cents) Alors, pour se faire pardonner, il me donne un truc; pour une visite guidée, il y a un supplément de (je n’ai pas compris le montant) passez la barrière et joignez-vous à un groupe, ça ne vous coûtera rien! J’ai suivi son conseil pour 10 minutes; le guide était intéressant, mais je n’ai pas l’instinct grégaire, comme vous savez. C’était un petit gros qui nous a parlé un peu en Totonaque pour nous montrer ce que c’était. Son ancêtre avait sûrement perdu sa partie de balle. J’ai continué tout seul. La journée était magnifique pour cette visite; belle température, ciel partiellement nuageux pour nous protéger du soleil et peu de touristes. Il y avait quand même l’inévitable couple de français : « Chéri, tu as vu? Ça ressemble à la Grande Motte! »(station balnéaire de la Méditerranée avec des immeubles en forme de pyramides) Elle a répété 2 fois pour permettre à tous de mesurer la finesse de sa culture. Vu aussi une famille parfaite de nordiques (norvégiens ou hollandais ou quelque chose du genre) Papa, maman et 2 pré-ados propres et polis comme ça se peut pas. Le mec a déplacé une pierre en s’accrochant dessus, juste devant moi. Il l’a replacée ostensiblement pour montrer son grand respect pour les sites historiques. J’ai caché ma cigarette, un peu géné.
Au retour à l’hôtel, j’ai eu un coup au cœur! J’ai réussi à hacker un réseau sans-fil et à accéder à internet! Ma joie a été de courte durée, juste le temps d’envoyer un mail et pouf! C’est fini pour aujourd’hui.
J’ai oublié de vous dire; Paplanta est aussi la capitale mondiale de la vanille. En saison la ville entière est parfumée à la vanille… On n’est pas en saison, alors faut revenir en avril.
Le temps file; le 12, j’ai rancart à Tegucigalpa, Honduras, et j’ai juste le temps de m’y rendre. Demain je me rends à Veracruz où j’espère rester 2 jours quand même. J’ai spotté un Holiday Inn
avec internet et c’est de là que je vous enverrai ce texte écrit à chaud sur Word. Je vous enverrai aussi des photos, promis.
Pour le moment, je suis à l’hôtel Tajin et je vais me coucher; la musique vient de s’arrêter sur le Zocalo, les oiseaux se sont tus depuis longtemps (faudrait un jour que je vous en parle)
Je vous embrasse toutes, et pour les gars, c’est selon….

Viva los Totonacos!

PS. Contrairement à ce que disait leur pub, je n’ai pas de connexion dans ma chambre d’hôtel à Veracruz où je suis rendu. Déception! Je pars prendre une bière sur le Zocalo avec ma prise USB dans la poche, et, qui sait, peut-être que vous finirez par me lire!

vendredi 5 janvier 2007

Pas d'internet!!!

Papantla, Mexique, le 4 janvier 2007, 20 :15 heure centrale.

Bon, pour la première fois dans ce voyage, je n’ai pas de connexion internet. Je sais, ça tombe mal pour vous et pour moi. Pour vous parce que je reçois de plus en plus de messages d’intérêt, ce qui veut dire que vous allez être déçus de ne pouvoir lire mon billet quotidien, et pour moi, d’abord parce que je n’aime pas décevoir mes amis, et ensuite, parce que je commence sérieusement à prendre goût à cette façon de communiquer avec vous et, finalement parce que je suis addict à internet. Mesurez bien ce que je vais vous dire : si l’on m’offrait le choix, je pense que je préfèrerais une chambre non-fumeur avec accès à internet, qu’une chambre fumeur sans accès….
Je rédige donc ce billet d’aujourd’hui sur word, avec le secret espoir que je pourrai le publier demain en le coupant/collant sur une clé USB et en la transférant au café internet que j’ai spotté en arrivant. Si jamais vous lisez ce billet c’est que j’aurai réussi cet exercice de haute voltige. Si vous ne me lisez pas…. Laissez-donc faire!
Je suis à Paplanta. Petite ville à peu près à mi-chemin entre Tampico où j’étais hier, et Veracruz, où je pensais être aujourd’hui. J’ai changé d’idée ce matin en prenant mon café, moment privilégié où je détermine le trajet du jour. Faites comme moi; googlez Papantla, et vous verrez qu’il aurait été stupide de passer sans la voir… Je ne vous la raconte pas, je ne suis pas guide touristique. Voilà tout de même la vue que j’ai de ma chambre sans internet :


(Si vous ne voyez pas la photo, c’est que je me suis planté. Dites-le moi et je recommencerai autrement la prochaine fois)

J’aurais été vraiment nul de ne pas m’arrêter ici, et je m’en serais voulu. C’est sûr, il y a toujours le voyage du retour pour rattraper les erreurs de l’aller.
Papantla est un beau village à flanc de colline, dans la Sierra Madre orientale que je suis depuis mon entrée au Mexique. Comme la plupart des villes mexicaines, sa vie sociale est organisée autour du « Zocalo », la place où tout le monde se retrouve le soir. L’animation est assurée par les petits commerçants qui tiennent kiosque, par les cireurs de chaussures, des musiciens ambulants et, ce soir, un montreur d’ours. C’est surtout les gens qui font vivre cette place; on dirait que tout le village se retrouve ici le soir, après la journée de travail. Contrairement à l’Espagne et au Portugal qui ont cette même tradition, mais où les hommes et les femmes se promènent en groupes séparés, ici les familles se promènent ensemble pendant que les amoureux occupent les bancs publics(où ils sont seuls au monde, comme chacun sait). Tout ça fait un village qui a l’air heureux. J’aime cette atmosphère, et c’est là que j’ai fini ma soirée en me disant que j’aimerais finir ma vie dans un endroit comme ça!
Papantla se distingue aussi parce qu’elle est voisine d’un site archéologique remarquable : Tajin. Allez voir sur internet! Moi j’irai pour vrai demain et je vous raconterai sans faute.
C’est ici aussi que l’on perpétue la tradition Inca de ces précurseurs des sauteurs à l’élastique, les « voladores » J’ai vu leur spectacle ce soir en dînant au restaurant.
Ma batterie fout le camp; j’arrête tant qu’il est temps, suite au prochain numéro!
Reprise.
Je m’en voulais de cette fin abrupte faute d’électricité. Je suis dans un hôtel qui date des Totonaques; Je vous ai dit Incas tout à l’heure pour vous tester, et vous m’avez sans doute tous corrigé avec un petit sourire en coin en vous disant « tiens, il est encore dans son délire éthylique le vieux, le voilà qui se pense au Pérou! » TOTONAQUES!!! C’est bien comme ça qu’ils s’appellent ceux qui ont bâti et occupé Tajin de l’an 100 jusqu’en 1200 à peu près. Ils ont disparu bien avant l’arrivée des espagnols, pas étonnant pour un peuple qui pratique un sport qui consiste à se jeter d’un mat de 100 pieds de haut les pieds attachés à une corde!!! mais j’y reviendrai sans doute demain. Je vous en parle parce que ce doit être eux qui ont bâti cet hôtel; il n’y a pas une seule prise à 3 broches dans ma chambre, et c’est ça que ça prend pour brancher mon ordinateur. J’ai fait un petit bricolage maison et hop! Me voilà alimenté de nouveau. (Je ne vous dis pas quoi, il doit certainement y avoir une loi qui l’interdit!)
J’ai passé une très belle soirée; une des plus belles depuis que je suis parti. J’en avais besoin car la route a été dure; j’étais prévenu, c’est écrit dans le guide du CAA. La réalité était juste pire. Imaginez une route à 2 voies qui fait la largeur de la rue Saint-Paul(nids de poule inclus), sans accotement. Mettez-y le trafic normal d’une grand route, et vous avez le portrait. Non, pas tout à fait! Dans les particularités de routes mexicaines que j’ai déjà évoquées, j’ai oublié de parler de leur système de gestion de la vitesse! Ils appellent ça des « topes », ou encore des ralentisseurs ou des vibrateurs (si, si) et d’autres nom que j’oublie; en fait ce sont des « bumps » comme on en voit dans les ruelles d’Outremont. J’ai roulé toute la journée dans une ruelle d’Outremont à 100km/h! Il y en a partout de ces topes; à l’entrée et à la sortie de chaque village, aux arrêts d’autobus, aux passages pour piétons et j’en passe…. Chaque fois, il faut faire un arrêt presque complet. Au Mexique, on ne peut pas s’endormir au volant; il faut conduire!
Donc, disais-je, j’ai passé une soirée magnifique; petite promenade dans les rues et un excellent repas sur une terrasse (pour la première fois du voyage!) située à l’étage, dominant ainsi la joyeuse activité du Zocalo. J’ai mangé la nourriture typique, autrement dit je ne sais pas quoi. La serveuse était fière de moi, je le sais, elle me l’a dit. C’est de là que j’ai assisté au spectacle de voladores (more on that tomorrow) J’ ai conclu mon repas avec le meilleur expresso du voyage, et je suis parti me promener dans la foule…. Et j’ai bu 2 gallons d’eau pour éteindre les feux de l’enfer que ces spécialités locales m’ont allumé dans la gueule!
Il est 11 heures du soir; la musique vient d’arrêter sur la place, ma fenêtre est grande ouverte et je vais me coucher.

mercredi 3 janvier 2007

Tropique du Cancer

Oui, j'aime beaucoup Henri Miller; j'ai lu presque tous ses livres incluant sa correspondance avec Anaïs Nin. Tient, je vous fait cadeau d'une citation de lui: «Il n'est pas un de nous qui ne soit coupable d'un crime : celui, énorme, de ne pas vivre pleinement la vie» (Sexus) Mais c'est pas de lui que je veux vous parler. Le titre, c'est juste parce que je l'ai traversé aujourd'hui en voiture pour la première fois de ma vie, le tropique. Je le sais, c'est sur mes cartes et je l'ai vu aussi sur la pancarte qui l'indique sur la route.
Je me suis enfoncé de près de 500 km dans le Mexique, à Tampico que je ne verrai pas cette fois-ci. J'ai essayé, et j'ai reculé, trop étourdi par ma première vraie journée de routes mexicaines. Je suis dans un Best Western tout neuf à l'entrée de la ville, tout près de la route de Veracruz, ma destination de demain.
Je n'ai pas pris de photos non plus; je sais, c'est nul, mais à ma défense, il a plu toute la journée. J'ai trouvé que ce n'était pas très propice à la photographie. J'ai lambiné ce matin et je suis parti vers 10 heures. Pour la 4ème fois (rappelez-vous hier) je suis passé au contrôle douanier sans histoires; je fais presque partie de la famille désormais! La route et les habitudes de conduite mexicaines sont un peu désarmantes au début, mais on s'y fait. Je ne sais pas par où commencer... Disons la route; une voie dans chaque sens et un bel accotement asphalté qui pourrait servir de voie de circulation. D'ailleurs, c'est à ça qu'il sert principalement; lorsqu'on dépasse, la voiture dépassée se range courtoisement sur l'accotement. Ceux d'en face font pareil, ce qui fait qu'on passe à 4 de front (des fois 4 et demi) sur une route à deux voies! Des fois il y a des voitures stationnées; ces fois là on ne dépasse pas et puis c'est tout. J'ai aussi appris l'usage contextuel des clignotants; lorsque l'automobiliste mexicain flashe à gauche, c'est pour nous faire signe que selon lui la voie est libre et on a le temps de passer. En général. Des fois, plus rarement, ça peut aussi vouloir dire qu'il dépasse lui-même! De temps à autre, on en voit même qui nous indiquent par là qu'ils tournent à gauche! Bref, l'interprétation du flasher gauche demande un minimum de jugement. Et le clignotant droit me direz-vous? Eh bien j'en sais rien, je n'en ai pas encore vu....
La tonte de l'herbe sur le bord des routes est assurée par le bétail, en liberté (non je ne roulerai pas la nuit!) Ça, c'est quand il y a de l'herbe.... Dans les villages, il n'y en a pas. Tout l'espace entre l'asphalte et ces rangées typiques de boutiques à la façade ouverte est en terre. Alors, quand il fait sec, ça explique la poussière omniprésente comme hier, mais quand il pleut comme aujourd'hui, ça devient un champ de boue innommable. Cette boue s'étale aussi sur la route qui devient glissante comme une planche à savon.
La signalisation est intéressante; j'ai vu des panneaux assez uniques, genre "respectez la signalisation", "Ne détruisez pas la signalisation", plus au sud celui-là est devenu "ne maltraitez pas la signalisation", ou encore "choisissez judicieusement votre voie de circulation";
Dommage qu'il aie plu, les paysages étaient superbes; après quelques dizaines de km de plaine, la même qu'au États-unis, le terrain devient plus accidenté et aride; les champs de culture laissent la place à des collines occupées par des grands éleveurs. J'ai même vu des cow-boys ( ici on dit des péons) à cheval comme du temps de John Wayne! (heureusement qu'il est mort celui-là, parce qu'à la vitesse où il les tuait, les péons mexicains, il n'en resterait plus!)
Bon, j'en aurais encore beaucoup à dire, mais j'en garde pour la prochaine fois. Demain je me rends à Veracruz où je m'installe pour 2 ou 3 jours dans cette ville dont j'attends beaucoup. Ce sera une longue étape, il faut que je parte de bonne heure.

Vive le tropique du Cancer!

mardi 2 janvier 2007

Édition spéciale quizz!

Stop, arrêtez de chercher, nous avons un gagnant. Vous vous rappelez, dans un de mes premiers messages, intitulé "Toujours à Montréal" je crois, je vous avais proposé une petite devinette. Il s'agissait de deviner le nom du poète à partir de quelques vers qui m'étaient venus spontanément à l'esprit. Je m'étais d'ailleurs trouvé un peu pédant en relisant mon texte le lendemain, mais... quand c'est publié, c'est publié. Voilà le poème en entier:

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

J'ai pleuré en l'apprenant par coeur au lycée, à 12 ans. Pas parce qu'il fallait l'apprendre, mais parce que je le trouvais beau. C'est le grand Victor Hugo qui l'a écrit, et la tombe est celle de Léopoldine, sa fille décédée tragiquement. J'aime Hugo et j'aime la poésie exactement depuis le jour où j'ai lu ce poème. Voilà, maintenant vous savez tout sur moi et je ne vous ennuie plus avec ça. Ah oui quand même, c'est dans le recueil "les contemplations" si ça vous intéresse.
Alors le grand gagnant? Eh bien, c'est nul autre que Guy Gauthier! Il me demande, avec l'humilité que vous lui connaissez, si utiliser internet c'est tricher.... En tant que président du jury, je réponds que ne pas utiliser internet aujourd'hui, ce serait plutôt nul. Donc grand prix accordé sans discussions. Le prix lui-même n'est pas encore déterminé (j'attendais de connaître le sexe du gagnant!) mais ça pourrait ressembler à un repas au restaurant. On verra.

Fin de l'édition spéciale

Viva Mexico!!!

Bon, ça y est, j'ai franchi le Rubicon, euh, plutôt le Rio Grande. Pas de trafic, pas d'arrêt aux douanes, mon assurance mexicaine fraichement souscrite du matin même en poche, je plonge dans Matamoros avec la détermination d'un Indiana Jones! Pendant que je cherche mon chemin dans les rues sales et encombrées de cette ville frontière, un doute s'infiltre lentement dans mon esprit; le passage a été bien facile. Tous les guides concordent là-dessus; pour entrer au Mexique en auto, il faut une assurance mexicaine (je l'ai) un document d'immigration temporaire et un permis d'importation de la voiture. Je n'ai ni l'un ni l'autre. La carte routière indique un poste de contrôle douanier secondaire à 10 km; je le trouve à 20 km pour me faire confirmer ce que j'ai appréhendé tout le long. On retourne à la case départ (et ça presse!) et on recommence.
Alors, j'ai recommencé. Sur le chemin du retour, je subis ma première initiation à la culture populaire mexicaine; une voiture de police m'arrête. J'ai brûlé un feu rouge! Je suis sûr que non, il est sûr que oui! Il gagne... Dès que nous avons terminé cette petite argumentation, il m'explique d'un air ennuyé et presque compatissant (si, si) qu'il va devoir remplir un constat d'infraction, qu'il va devoir retenir mon permis de conduire qu'ils vont me rendre au poste lorsque j'aurais acquitté l'amende d'environ 25$. Alors on s'est arrangé pour 10$ tout de suite, tout le monde y trouvant son compte. Nous nous sommes serrés la main, et il m'a même fait un petit dessin pour que je ne me perde pas. Cool!
Retour aux douanes pour la troisième fois (avec le contrôle secondaire, vous suivez?) Là, je tombe sur un papy sympathique qui a appris le français il y a 30 ans, et qui l'a oublié! Il trippe sur Françoise Sagan et sur Sartre et les existentialistes en général. Les 8 personnes qui attendaient derrière moi devaient être ravies de nous voir découvrir tant d'affinités entre nous! On en a profité pour dire du mal des américains, et, avant de me laisser avec mon permis (je suis désolé, dit-il, je vous en donne un pour seulement 6 mois, c'est le maximum que je peux faire!) il me conte une blague: Vous savez comment on appelle une personne qui parle 3 langues? Un trilingue! Une qui parle 2 langues? Un bilingue! Et un qui parle seulement 1 langue? Un américain! Nous avons bien ri, pas ceux qui attendaient toujours.... Permis de touriste en poche, guichet d'en face pour l'importation temporaire de la voiture. Simple et expéditif. Un petit tour au bureau de change, et voilà! C'est fini.
Fini? Non, non, non; il faut encore se retaper les douaniers. Ha, vous allez à Cancun! (C'est mon petit mensonge, conseil de l'assureur de ce matin) Bel endroit, je vous envie... Rien à déclarer? Puis-voir vos bagages? Faites mon bon monsieur; parmi la montagne de caisses de livres et d'outils qui remplissent ma voiture, il choisit ma petite valise d'hôtel, l'entrouvre et c'est fini. Bon voyage et profitez bien de notre beau pays! J'aurais dû le photographier; c'est pour la vie mon douanier préféré.
Ce fut ma journée. J'ai décidé que ces émotions méritaient compensation. À 3 heures j'ai pris une chambre dans un gros Holiday Inn à la sortie de la ville, je me fais gâter en préparant la prochaine étape. Dans 2 jours je serai à Veracruz (J'ai décidé de ne pas rouler la nuit vous vous rappelez?) où je tâcherai de trouver un hôtel avec internet.

Viva Pancho Villa y hasta la proxima vez, amigos!

lundi 1 janvier 2007

Bonne et heureuse année!!!

Bonne année à tous, et merci pour vos voeux et vos encouragements; ne m'en veuillez pas si je ne vous répond pas personnellement, j'essaie de le faire mais je ne pourrai satisfaire tout le monde tant que je suis sur la route. Vous savez que je vous aime pareil.
Sur la route! Aujourd'hui, je me suis déplacé de 1 Km et, en plus, je me suis éloigné d'autant de mon but! Je suis à Brownsville, la ville la plus au sud du Texas. De l'autre côté du Rio Grande c'est Matamoros et le Mexique. Un des problèmes de l'automobiliste au Mexique, c'est que lorsqu'il a un accident, on le met en prison le temps de départager les responsabilités. Alors ça prend une assurance avec cautionnement, et il faut qu'elle soit mexicaine, sinon ça ne marche pas. C'est pourquoi je suis planté là, à attendre que les courtiers d'assurance aient cuvé leur champagne. Mon déplacement de 1 Km c'est juste pour changer de motel (Je suis tombé hier sur un motel pourri) Alors, tant qu'à faire, j'en ai pris un juste en face du bureau du courtier que j'ai sélectionné.
Hier, je ne vous ai pas écrit, et j'ai des excuses. Après un repas banal dans un restaurant ...américain(!) je suis rentré dans mon motel pourri et je me suis tapé une bouteille de champagne, idée de ne pas vous laisser fêter seuls ce dernier jour de l'année. Amis qui êtes en politique, il faut de toute urgence interdire l'alcool à ceux qui écrivent! Vous qui aimez tant interdire, et qui avez si bien réussi avec l'interdiction de la cigarette, avec l'interdiction de l'alcool au volant, qui vous préparez à interdire les gras trans et l'obésité, Il faut de toute urgence interdire de boire à ceux qui écrivent. J'ai vu hier soir les dommages que ça crée; heureusement, il me restait assez de lucidité pour effacer ce que j'avais écrit, de façon à ne pas laisser de preuves de ma turpitude. C'est pour ça que je ne vous ai pas raconté mon voyage d'hier; pourtant, il le méritait bien....
Hier, j'ai vu la mer pour la première fois de ce voyage. C'est assez incroyable; j'ai fait autour de 1000 Km à longer le golfe du Mexique depuis Mobile, Alabama avant de la voir à Corpus Christi et encore, il m'a fallu faire un détour (involontaire, je m'étais perdu) Une très belle route tranquille, la même que la veille. Elle longe cette fois des immenses ranches, avec de loin en loin des puits de pétrole en exploitation, vous savez, ces pompes qui ont l'air de grosses poules qui passent leur temps à picorer on ne sait quels grains géants. Justement, l'atmosphère me rappelait constamment ce film de Georges Stevens -Giant- avec James Dean qui est mort juste avant sa sortie... Allez le louer si vous ne l'avez pas vu, et vous y verrez les paysages que j'ai traversés. En plus c'est un bon film des années soixante.
Premier incident dans ce voyage autrement sans histoires; saisi par une envie obsédante de pisser sur cette route sans services, j'arrête prudemment et je me soulage caché derrière ma voiture. Erreur! J'avais à peine terminé (heureusement!) qu'un jeune policier texan m'interpelle:"que faisiez-vous?" Je pissais lui réponds-je poliment mais brièvement (vous savez que je ne suis pas très fluent en anglais...) "Il n'y a pas de toilettes dans votre pays?" Pouf, deuxième erreur quand je lui réponds finement:"Yes officer, but they were a bit too far for me!"Il ne l'a pas trouvée drôle... Nous avons eu un petit échange assez surréaliste ma foi pendant quelques minutes jusqu'à ce qu'il me demande mon permis de conduire. Ça l'a achevé et ça m'a permis constater moi aussi que notre permis est tout en français! Alors il a réagi comme un gendarme français en me laissant partir et en m'ordonnant de ne plus recommencer... Much ado about nothing!
Bon j'arrête ici pour aujourd'hui. Demain je souscris une assurance et mercredi matin je traverse le Rio Grande. Va encore falloir se confronter au pouvoir des douaniers, mais faut ce qu'il faut.

Je vous souhaite à toutes et à tous une année 2007 pleine de rêves et d'espoir.