
Les restes majestueux d'une des grandes pyramides qui entourent la grande place. Le péon, c'est Modesto, mon guide qui m'a tellement aimé qu'il m'a fait monter sur toutes les pyramides. J'ai d'autres photos, mais allez voir Copan sur internet plutôt; c'était l'Athènes du monde Maya.
.
.
.
Quelle récompense après une matinée merdique! Copàn tout seul mérite ce voyage; le site est d'une richesse inouïe, et seulement une toute petite partie a été mise en valeur; les archéologues du monde entier continuent leurs recherches, à mesure que les budgets sont disponibles. Il y avait très peu de monde, alors je me suis payé un guide pour moi tout seul, et il m'a fait la totale; peut-être voulait-il tester mes jambes de sexagénaire gringo et fumeur, mais il m'en a donné pour mon argent. Nous avons escaladé tout ce qui était escaladable et marché tous les souterrains pour nous rafraîchir. Modesto est guide depuis 35 ans à Copàn, et il connaît son sujet; nous sommes allés prendre une petite bière à la fin du marathon, puis une autre parce que la première était vraiment bien petite.
J'ai eu un vrai cours accéléré sur la civilisation Maya, mais aussi sur la vie ordinaire d'aujourd'hui au Honduras. La semaine dernière, les paysans ont barré la seule route d'accès à Copàn, pour demander au gouvernement de tenir ses promesses; la police a ouvert la route au bout de trois jours, 12 campesinos blessés, et 3 disparus. Le Honduras est un sale pays; avec le Guatemala, il représente parfaitement ce qui arrive à un peuple lorsque un gouvernement choisit la répression plutôt que le dialogue social. Ces 2 pays consacrent une partie substantielle de leur budget à la police et à l'armée, et le seul résultat qu'ils obtiennent c'est une augmentation de la criminalité et de la délinquance. Depuis le début de l'année, il y a eu 13 assassinats dans une seule prison de Tegucigalpa! Pour amuser le peuple, pendant ce temps, le gouvernement lance des débats sur l'heure d'été (dans ce pays où il y a une différence d'une heure dans les journées entre l'été et l'hiver!) ou encore sur la cigarette dans les lieux publics! Le peuple crève de faim, mais les vieilles recettes continuent de fonctionner.... Ici comme ailleurs.
J'ai connu une matinée merdique vous disais-je en commençant; presque 4 heures pour faire 167 km. J'ai commencé par me faire piéger comme un enfant d'école par un policier véreux (En Amérique centrale, c'est un pléonasme) Il m'a arrêté juste après un péage, juste avant que je ne range la liasse de billets que j'avais sortie au complet pour acquitter les droits. Grave erreur, j'ai vu ses dents s'allonger pendant que j'essayais de ranger mes 6 millions de Lempiras (18 dollars et 50) Je lui ai offert 5$, il m'a joué le grand jeu de l'incorruptible en me menaçant de la prison, alors on a réglé pour 15$, mais j'ai eu chaud, pas juste à cause des 35°C qu'il faisait à 8 heures ce matin. C'est mon record à vie (pas la température, le montant de la corruption!)
Ensuite, je me suis tapé la pire route du voyage. Vous avez sans doute tous vu les photos de la plus dangereuse route du monde, à l'occasion du décès récent de ce jeune québécois, en Bolivie. Et bien, le dernier tronçon de la route qui relie San Pedro Sula à Copàn est presque pareil, sauf qu'il est asphalté, heureusement. Ils ont probablement utilisé les chemins Mayas pour les transformer en routes, ce qui pourrait donner une explication sur la disparition de cette civilisation! C'est une joke! Les Mayas ont disparu parce qu'ils ont épuisé leurs ressources naturelles, alors ils sont partis ailleurs; c'est Modesto qui me l'a dit, et il s'agirait de la théorie la plus documentée à ce jour.
Je suis arrivé à midi, et sur les conseils d'une amie chère, j'ai pris une chambre dans une petite auberge typique, parce que c'est là qu'on peut rencontrer du monde sympathique pour échanger sur nos expériences de voyage. J'ai rencontré du monde sympathique, j'ai échangé et je me suis couché à minuit passé. Il y a 2 groupes dans le monde sympathique; il y a ceux qui se couchent à 2 heures du matin, et ceux qui se lèvent à 5 heures. Le problème, s'est quand ils sont tous les deux dans la même auberge que moi. Alors, ce soir, je suis à Guatemala-City, et j'ai pris un grand hôtel totalement pompeux, où je n'ai rencontré personne, où je vais me coucher à 9 heures pour me lever quand je me réveillerai, en forme pour quitter l'Amérique centrale et faire mon entrée au Mexique d'où je vous enverrai mon prochain message, connexion internet aidant.
Ne vous égarez pas; j'ai relu mon texte qui me semble assez plaignard, mais ce n'est pas du tout l'impression que je souhaite vous communiquer; ça va bien. Je fais le voyage que j'ai voulu faire, et il se déroule plutôt bien; à tout moment, surtout après ces petits incidents que je vous conte pour mettre du piquant dans mes chroniques, je me prends à sourire tout seul d'un sourire béat, regrettant seulement de n'avoir pas de public ou de complice pour en rire franchement.
Demain, manana, Mexico et le Chiapas, un autre endroit où l'on vit dangereusement; j'ai vu dans le journal qu'ils y ont annulé le concours de miss Univers pour raison de troubles appréhendés. Ça promet! Si vous n'avez pas de nouvelles de moi d'ici 3 jours, ne payez pas la rançon! Ramassez plutôt l'argent et buvez-le (n'oubliez pas de m'envoyer des cigarettes!)