samedi 30 décembre 2006

Houston? Y'en a pas de problèmes!

Longue étape sans histoires aujourd'hui. Parti tard ce matin, vers 10:30h de Lafayette, j'ai suivi la I-10 triste et morne à travers les bayous de la Louisiane sous un ciel bas et gris, et sous une pluie grasse et molle et hésitante comme ces pluies d'été qui tombent comme à regret. Ce fut ainsi jusqu'à Houston que j'ai traversée sans problèmes; c'est une vraie ville pour les automobiles avec ses autoroutes qui s'empilent sur 4 étages de haut à chaque carrefour.... Un vrai cauchemar pour les tenants du transport en commun!
On sort de cette ville comme on y rentre, presque sans s'en apercevoir. J'ai pris la route 59 qui va me conduire à la frontière, à Brownsville. Quel changement par rapport à la I-10 de ce matin! Une belle route douce et sinueuse qui traverse de magnifiques paysages champêtres (pas bucoliques; bucolique c'est quand il y a des vaches ou d'autres animaux! allez voir votre dictionnaire...) Pour être juste, je dirai qu'il a été (le paysage) un tout petit peu bucolique au début et à la fin. Le reste du temps il était champêtre et très européen avec ses champs fraichement labourés et ses lisières de forêts. Je ne sais pas ce qu'ils cultivent, mais j'ai vu des élévateurs à grains identifiés:"Rice belt wharehouses". Je ne sais pas si c'est le nom du mec ou s'ils cultivent du riz; je vais vérifier, mais à leur place c'est ça que je cultiverais compte tenu de l'eau qui affleure dans les champs. L'ennui, c'est que la région est peu urbanisée, et j'ai dû un peu abuser de mes forces pour me rendre jusqu'à Corpus-Christi. C'est de là que je vous écris. Je ne verrai pas la ville car demain je me rends directement à Brownsville où je passerai 2 ou 3 jours avant de passer la frontière. Il faut que je souscrive une assurance auto pour le Mexique et je soupçonne que je ne pourrai pas le faire avant mardi. On verra. Je fêterai le nouvel an tout seul (ce qui ne me déplaît pas trop) aux États-Unis d'Amérique (ce qui me plaît un peu moins) À la place, je fêterai mon anniversaire à Tégulcigalpa où j'aurai certainement de la compagnie. Je vous en parle une autre fois.
En attendant, je vous souhaite à toutes et à tous mes meilleurs et plus sincères voeux de bonheur pour 2007 et je vous remercie ici pour ceux que vous m'envoyez. Si je vous écris demain, je recommencerai!

vendredi 29 décembre 2006

Terra incognita

Me voilà enfin en terre inconnue. Je suis à Lafayette, Louisiane. C'est la première fois que je mets les pieds ici. Les roues devrais-je dire, parce que je suis rentré directement dans le motel pour n'en pas ressortir après une longue journée de route. Je ne vous ai pas écrit hier, terrassé par le décalage horaire(?). J'ai pris une heure de moins par rapport à Montréal; je suis désormais à l'heure centrale. En fait, la vérité c'est que j'ai lézardé toute la soirée à me promener en chemise à Auburn (Georgia) pour cuver le rosé que j'ai pris en dînant avant de rentrer me coucher. Enfin des températures décentes après une petite étape cool sur des autoroutes parfaites et avec peu de trafic. J'ai enfin quitté la I-95 à Florence pour passer par Columbia, Augusta et Atlanta où j'ai eu une pensée pour Martin Luther King Jr. J'ai aussi traversé la rivière Savannah (pourquoi dit-on rivière alors que c'est un fleuve?) J'aimerais vivre près de cette rivière s'il n'y avait pas autant d'américains. C'est à Auburn (ville universitaire et grande équipe de football) que j'ai couché donc et que j'ai décidé de suivre les conseils avisés de ma filleule Marie-Ève, à savoir d'arrêter de musarder et de me hâter vers des endroits que je ne connais pas. Job done. J'ai résisté à l'envie de faire étape à la Nouvelle-Orleans (on verra au retour) et Lafayette me voilà! Il à fait 25 degrés celsius et je vous écrit la fenêtre grande ouverte. Vu en passant: Le tronçon de 5 ou 6 km de l'autoroute 85 qui traverse Montgommery s'appelle Martin Luther King Jr par résolution de l'assemblée législative de l'Alabama. L'autoroute 65 qui part de la et se rend à Mobile s'appelle l'autoroute des héros; il doit s'agir des héros du vietnam ou de la guerre du golfe ou de la Grenade etc... Ça fait un genre d'équilibre dans les baptêmes autoroutiers...
À force de musarder, je suis confronté à un grave problème; si je veux être au Mexique pour le nouvel an, je vais devoir passer la frontière pendant le week-end. Selon mes informations, c'est complètement nul. Les douaniers qui travaillent sont de mauvaise humeur, et le trafic est infernal; il se pourrait même que je ne soit pas capable de faire mon paperwork (visa, permis d'importation de l'auto, assurances etc...) L'heure est grave. Je devrai peut-être me stocker dans une station balnéaire américaine jusqu'à mardi!
Allez, je vous laisse pour essayer de résoudre ce grave dilemme.

mercredi 27 décembre 2006

Deep south


Me voilà en train de vous écrire. C'est la première photo que je publie, et je ne vous dirai pas la somme d'échecs que j'ai dû subir pour le faire... Je crois que la pauvre qualité des connexions internet joue un grand rôle dans ces difficultés. Si ça marche, j'en rajouterai d'autres plus intéressantes... À commencer par celle de la pin-up blonde qui a pris celle-ci! Je ne vous ai pas écrit hier (à cause de la pin-up, hi hi hi) parce que ma connexion était si pourrie que j'ai perdu mon texte; je l'ai sauvegardé en brouillon, et je l'ai perdu dans les limbes numériques. Je suis rendu dans le "Deep South". À Florence dans la Caroline du sud plus précisément. Le soleil se couche à 17:30h, et il nous en met plein la gueule avant de se retirer pour la nuit. Alors, les automobilistes aveuglés en profitent pour se rentrer mutuellement dans le cul, et ça fait des embouteillages sans fin sur cette I-95 que j'ai toujours connue à moitié déserte. Alors, je la quitte demain pour pire; je vire sud-ouest vers Atlanta et la Nouvelle-Orléans. Si le temps se maintient au beau fixe, je vais y goûter (au soleil dans les yeux!)
Je commence à intégrer mon état de rentier; le temps est en train de perdre l'importance qu'on y attache justement quand on en manque. J'ai pris 3 jours pour faire cette route que j'ai si souvent faite en 1 ou 2. J'ai même trouvé plusieurs fois que je vais encore trop vite. Tiens, hier au tout début de la journée, j'ai traversé la Susquehanna river; 2 minutes en voiture, un paysage à couper le souffle. Puis j'ai traversé le Delaware, puis le Potomac. Chacun de ces fleuves est chargé d'histoire, et ils méritent chacun d'être parcourus plutôt que traversés. Je crois que je ferai mon prochain voyage en char à boeufs, comme les colons de la conquête de l'ouest pour mieux en profiter. En attendant, j'avance vers ma destination; demain soir, je serai tout près de la Nouvelle-Orléans, mais je ne pense pas m'y arrêter. Je veux passer le plus de temps possible au Mexique. On verra au retour, si retour il y a ( En voiture voulais-je dire)
C'est tout pour aujourd'hui, en fait je voulais seulement tester le coup de la photo. Je vous reparle demain si j'ai accès à internet.

lundi 25 décembre 2006

Retour dans l'empire

Bon, je suis enfin parti! Je ne suis pas parti à l'aube, ça m'aurait d'ailleurs fort étonné moi-même.... Couché à 2 heures du matin, levé à 8 et parti à 11 heures, le temps de finir ces interminables bagages. Le passage de la frontière a été assez simple, straightforward comme ils disent avec un mot bien compliqué pour dire simple! La première et courte étape m'a amené au sud d'Albany, à 100km de New-York city. 4 heures de route sans histoire qui me mettent à l'abri des chutes de neige annoncées pour demain. Jour de Noël, tous les restaurants du coin sont fermés; la madame de la station service a eu la gentillesse de me faire un énorme sandwich au roastbeef que j'ai pris dans ma chambre avec une bière (ou deux) Merry Christmas madam!
C'est la première fois en 30 ans(!) que je viens seul aux États-Unis en voiture après l'avoir fait de si nombreuses fois accompagné... Petit vague à l'âme... J'ai été accompagné, tout le long de cette étape par la musique de la Gargote grâce aux CD que Jean-Pierre Ousset m'avait préparé; elle sied tout à fait aux remarquables paysages des Adirondacks, même si je les ai trouvés un peu tristounets dans cet hiver sans neige. Demain j'attaque les Catskills, et, si je pars de bonne heure(!) je devrai faire mon prochain dodo en Virginie, voire en Caroline du nord... On verra bien. Ce qui est sûr, c'est que je pourrai fumer dans le restaurant et qu'il sera ouvert!
Je n'ai pas pris de photos; le temps était trop gris et je n'ai pas encore installé le logiciel de transfert dans mon ordinateur. Je ne sais pas encore comment les afficher dans le Blog, mais ça ne sera pas long.
Allez, je vous laisse pour préparer ma route et faire dodo.

vendredi 22 décembre 2006

Toujours à Montréal

Pas encore parti! J'ai un moment caressé l'idée que je pourrai partir mercredi 20, et cette idée m'a obsédé jusqu'au mardi. Je n'ai pas encore décroché du rythme ordinaire imposé par la vie dite "active", et j'ai accepté toutes vos invitations, au détriment de la préparation de mes bagages et de toutes ces petites choses qui me semblent, pour le moment, indispensables à la réussite de mon expédition. J'ai donc décidé de m'affranchir de cette contrainte que je m'était imposée moi-même, et j'ai repoussé mon départ à vendredi. Riche idée! Le stress de l'échéance tombé d'au moins 12 degrés, j'ai eu l'occasion d'avoir de très belles rencontres avec quelques uns d'entre vous, et de recevoir (encore!) de magnifiques témoignages d'amitié. Nous sommes vendredi, et je suis encore ici. Mes valises se remplissent tranquillement, mes papiers sont prèts, l'auto trépigne d'impatience, et lundi 25 ...dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai.... ( premier test: quel est l'auteur de ce beau poème qui continue ainsi, de mémoire .... Vois-tu, je sais que tu m'attends.... je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, et quand j'arriverai je mettrai sur ta tombe, un bouquet de houx vert et de bruyère en fleurs...) Le premier qui trouve sera récompensé dignement.
Je prends le chemin des écoliers afin d'éviter les intempéries. Je file droit au sud vers la Floride jusqu'à Charlotte (south Carolina) où je tourne à droite vers Atlanta (Georgia) puis je file sur la Nouvelle-Orléans et je suis le golfe du Mexique. Je passe la Frontière à Brownsville (Texas) et je poursuis tranquillement jusqu'à Veracruz. De la, j'espère flâner à Palenque et dans le Chiapas. Ensuite je prévois traverser rapidement le Guatemala et le Honduras (peut-être El Salvador où j'ai laissé de vieux souvenirs) pour arriver au Nicaragua vers le 15 janvier.
Voilà pour le trajet. Les détails, impressions et états d'âme viendront plus tard. À mesure que je me familiariserai avec la technique, j'enrichirai ce blog de cartes et de photos.
Écrivez-moi, amis; enrichissez ce blog de vos commentaires pour que je sache si j'écris pour vous ou si j'écris pour moi!

samedi 16 décembre 2006

Libre!

J'ai pris ma retraite officielle le 1er juin dernier, laissant ainsi un travail qui m'a passionné pendant de nombreuses années. Depuis cette date, je n'ai plus besoin de travailler pour vivre; je suis libre de faire ce que je veux. Je suis pauvre mais libre. Ma compagne a décidé que je serai encore plus libre si j'étais seul. Alors voilà; je suis seul, pauvre et libre. Je peux faire ce que je veux, dire ce que je veux, quand je le veux. Je suis un jeune sexagénaire et je tiens une forme redoutable; je sens que je vais aimer cette décennie encore plus que la précédente. Comme dit si bien José Saramago (84 ans!) "...plus on est vieux, plus on est libre, plus on est libre, plus on est radical..." Je suis vieux, seul, pauvre, libre et radical.
Je pars la semaine prochaine pour un long voyage en voiture qui va me conduire de Montréal au Nicaragua. J'ai décidé de créer ce blog pour donner des nouvelles aux amis; j'espère ainsi m'affranchir du fardeau de répondre individuellement et longuement à tous les courriels, et prolonger ainsi la longueur de mes siestes. Ne vous inquiétez pas, amis, je répondrai sûrement à vos messages; je le ferai avec plaisir mais avec une extrême irrégularité, de façon à maintenir ma réputation. Je continuerai assidûment à remettre à demain ce que j'aurais pû faire le jour même, mais que la vie à fait que je ne l'ai pas fait. Ne vous en faites pas si je tarde à vous répondre, c'est sur que ça n'a rien à voir avec les sentiments que je vous porte, et je vous fournirai chaque fois une excuse appropriée, promis.
Voilà pour aujourd'hui. Je ne donne plus ma date de départ parce que vous en profitez pour remplir mon agenda, ce qui m'oblige à le retarder. Vous l'apprendrez sur ce blog que je mettrai à jour à Philadephie, à moins que ce ne soit à Washington ou ailleurs.