vendredi 20 avril 2007
lundi 9 avril 2007
God Bless America!
J'ai fini la journée en Pennnsylvanie (Oui, je sais, ça prend 2 "n" seulement, mais j'en ai mis 3 parce qu'hier j'en ai juste mis un; alors ça corrige rétrospectivement!) J'ai donc fini la journée en Pennsylvanie sous un ciel couvert de nuages bas et sombres dans ces paysages montagneux couverts de forêt mixte; les feuilles n'ont pas encore poussé, à peine distingue-t-on de timides bourgeons trop petits encore pour donner de la couleur. Ça fait des paysages sombres sous un ciel bas et lourd; ça m'a donné les blues et je n'ai pas pu m'empêcher de penser à ce film, "Deer hunter" qui se passe justement dans cet environnement. La scène où ils se retrouvent dans leur bar, au retour du VietNam et ils entonnent le "God Bless America" est une des scènes les plus intensément tristes du cinéma contemporain; triste et intense. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser aussi que cette scène doit se reproduire encore aujourd'hui autour de ces enfants qu'on envoie se faire tuer en Irak pour défendre quelle cause?
Drôle d'Amérique, capable du meilleur et du pire, même dans ses paysages. J'ai commencé la journée sous un soleil splendide, même si c'était frais; la route suit le Blue Ridge, dans la vallée. Que vous dire? Il est Blue et il est Ridge. C'est une chaîne de montagnes de hauteur moyenne aux sommets assez découpés; l'éclairage et une espèce de petite brume permanente leur donne cette coloration si particulière qui leur a mérité ce nom. Tout le long de la Virginie, la végétation est éblouissante; c'est une explosion de couleurs. Sur un fond de vert tendre des feuilles nouvellement poussées, tous les arbres sont en fleur; c'est un pur ravissement, et un moment rare. Je suis heureux de l'avoir vécu. Vous n'aurez pas de photos, parce que ce genre de spectacle m'intimide trop pour que je prenne le risque de prendre de mauvaises photos. C'est niaiseux mais c'est comme ça.
À part ce petit coup de spleen à la fin, ce fut une bonne journée, l'avant-dernière de mon odyssée. Plus qu'une toute petite étape, et je devrais être à la maison mardi soir. Mon blog va probablement finir ici, encore qu'il mériterait peut-être une sorte de conclusion, on verra à Montréal.
J'ai hâte de vous voir et de vous remercier de vive voix pour vos encouragements et votre soutien tout le long de ces trois mois. Ils m'ont apporté une présence et une chaleur dont j'avais le plus grand besoin, et pas seulement à cause du voyage....
Plus qu'un douanier à corrompre et je suis parmi vous.
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dimanche 8 avril 2007
Back to winter!
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samedi 7 avril 2007
Spring has an identity crisis
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vendredi 6 avril 2007
Good morning America!
Voilà, c'est fait. J'ai traversé le rio Bravo ce matin vers 10 heures pour entrer aux États-unis d'Amérique. À l'aller, il s'appelait le rio Grande, mais c'est le même fleuve que les américains appellent ainsi; les mexicains continuent de l'appeler "Bravo". Il marque la frontière entre les 2 pays depuis 1836, lorsque Sam Houston a foutu une pâtée mémorable à Santa Anna, à la bataille de San Jacinto. Le Mexique a réduit de moitié à cette occasion en perdant notamment le Texas; alors, faut pas en vouloir aux mexicains d'appeler le fleuve frontière du nom qu'ils veulent. Moi en tout cas je ne leur en veux pas, je l'ai traversé sans coup férir, peu importe son nom. Juste la douanière mexicaine qui m'a un peu gonflé pour annuler mon permis temporaire d'importation de mon auto; décidément, je n'ai pas de succès avec les filles.... Faut dire que je me promène depuis 3 mois avec un permis au nom de Pierre MarTin, et on a trouvé tous les deux que ça faisait désordre. Pour sa part, le douanier américain m'a salué d'un chaleureux "welcome home!". Là, je me suis demandé quelle sorte de bêtise vous avez encore faite pendant mon absence....
Pour la peine, je ne vous met pas de photo; ça vous apprendra à jouer avec la souveraineté du Canada!
Je suis rendu à Beaumont, Texas, à quelques minutes de la frontière de la Louisiane. Demain, je file vers l'est jusqu'à la Nouvelle-Orleans, je tourne à gauche et je file tout droit jusqu'à la maison; cap nord-nord-est sur Birmingham, Chattanooga, Knoxville et la route 81, c'est le raccourci que je compte prendre si la météo est avec moi.
Parlant de météo, je crois que je vous ai fait une promesse de gascon; je vous avais assurées que je ramènerai le soleil et la chaleur, et bien c'est raté! La chaleur m'a échappé dans un moment d'inattention, juste à côté de San-Jacinto alors que je pensais à cet incompétent de Santa Anna qui se prenait pour le Napoléon de l'Amérique et qui a soldé la moitié de son pays... Il me reste toujours le soleil, et je vous promets de le tenir solidement jusqu'à Montréal.
Quand même, Marie, c'est pas très charitable de me tirer la pipe parce que j'ai donné mon manteau! En plus me comparer à Saint Martin, ça je ne le prends pas. Si je me rappelle bien, il n'avait donné que la moitié du sien à un pauvre, ce que j'ai toujours trouvé un peu mesquin....
Bon, je vais me coucher, demain je sens que je vais faire une étape d'enfer sur des chemins en partie inconnus. L'aventure change d'intensité cependant; mon téléphone fonctionne, j'ai ma carte du CAA, je peux boire l'eau du robinet et il y a des motels et des postes d'essence à tous les coins de route. Je n'ai même presque pas besoin de consulter ma carte ni de conserver des petites coupures pour arroser les policiers!
J'arrive!
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jeudi 5 avril 2007
Adios Mexico!
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mardi 3 avril 2007
6ème jour, repos!
Bon, on recommence. Je vous avais écris le plus joli message qui soit, le plus spirituel et sensible depuis que j’ai commencé à écrire ce blog, (France me dit que c’est blogUE en français; comme si je n’avais pas assez de Jacques Brouillet pour corriger mon français!) quand pouf! Il est parti dans les limbes! J’aurais dû m’en douter; je suis installé au bord de la piscine, en sirotant une Corona bien froide à votre santé à toutes (allez, tous pour les gars aussi) et ma connexion internet laisse un peu à désirer. On ne peut pas tout avoir!
Je recommence donc, mais ce sera plus court et moins spirituel, juste pour vous faire savoir que je suis vivant, en bonne santé et arrivé depuis hier à Veracruz. L’esprit c’est comme l’alcool (d’ailleurs c’est absolument un synonyme) l’abus engourdit les sens.
Je suis rendu de nouveau à Veracruz depuis hier soir. J’ai décidé de prendre une journée de farniente le 6ème jour; pas comme l’Autre qui s’arrêta le 7ème après avoir botché la job comme dit si bien Bertrand Russel : «Si je recevais la toute-puissance, avec des millions d'années pour expérimenter, je ne penserais pas à me vanter de l'Homme comme résultat de mes efforts. » Non, j’ai arrêté parce que je nourris simplement un amour immodéré pour cette ville comme vous savez, et je voulais juste vérifier si elle le méritait. Veracruz me fait penser à Montréal ; c’est une ville de 500 000 habitants, un des ports les plus importants du Mexique, actif depuis le XVIème siècle. Son quartier historique présente une architecture homogène et son Zocalo ressemble à la place Jacques Cartier avec des Mariachis. Jacques Cartier s’est vraiment planté de nous installer là-bas alors que la place ici était encore à prendre !
Mon voyage s’est déroulé comme un charme ; je roule désormais franc-nord et je me rapproche de vous à grande vitesse. Ne vous inquiétez pas cependant ; jusqu’à présent je n’ai pas avancé plus vite qu’à l’aller, si je vous en donne l’impression, c’est probablement parce que l’idée de retour implique un sentiment d’urgence totalement subjectif. Demain, j’allongerait le pas pour vrai ; je vais tenter de faire en un jour ce que je fis en 2 à l’aller. Comme je vais longer la mer toute la journée, je veux m’éviter les tentations. Faut quand même que je revienne après tout.
Hier j’ai fait de l’autoroute presque tout le long ; le vrai luxe ! Enfin, c’est comme ça qu’ils appellent ce genre de route à péage ; il y avait quand même des chars à bœufs, des ânes, des moutons qui rentraient tous seuls à la maison, des hommes à bicyclettes, un homme avec deux bicyclettes, des piétons venant d’on ne sait où, un grand store vertical qui fait un joli bruit quand on roule dessus. Il manquait juste le raton laveur pour faire penser à Prévert !
J’ai aussi enfin été arrêté par l’armée, ça commençait à me manquer ! Choc culturel : Bonjour, je suis le lieutenant Gonzalez, je vous contrôle dans le cadre d’une opération de vérification des armes et explosifs ; d’où venez-vous, où allez-vous, vos papiers SVP. Est-ce que les autorités mexicaines ont été courtoises avec vous ? J’en suis resté bouche bée et je l’ai fait répéter : est-ce que les autorités mexicaines ont été courtoises à votre égard ? Voilà, c’est bien ce que j’avais entendu. Comme je ne voulais pas lui faire de peine, je ne lui ai pas parlé du ripoux de Matamoros et je l’ai remercié pour sa sollicitude.
C’est un peu ça que je voulais vous dire l’autre jour en vous parlant des différences entre l’aller et le retour ; Lorsqu’on rentre au Mexique en venant du nord, on arrive carré dans le tiers monde. Lorsqu’on y rentre par le sud, on arrive en Amérique du nord, et c’est vraiment l’impression que j’ai eue. Guy, tu as tout faux avec ton exemple de Longueuil, à part peut-être pour la police qui, avec celle de Laval, a des fois des airs de parenté avec les flics du vrai sud…
Il fait chaud et humide ; si je réussis à publier ce message, je vais aller me rafraichir un peu dans ma chambre climatisée, et après direction le Zocalo pour un repas tranquille sur une terrasse. Je prendrai une ou deux Coronas bien froides en pensant à vous, et Marie, je te promets que je ramène le soleil avec moi.
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dimanche 1 avril 2007
Dans mes traces
La route au Guatemala, tout près de la frontière Mexicaine, à Ciudad Cuauhtémoc. Nous sommes au fond d'un canyon vertigineux, et la rivière coule à 300 pieds plus bas. Il y a 34 croix, et elles portent plusieurs dates différentes, toutes assez récentes. Souvent, plusieurs membres de la même famille. Quand je vous dis que je vis dangereusement!
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Je m'en suis encore mis plein les mirettes! C'est décidé; le retour je le fais en char à boeufs, et je ne conduis pas. Je regarde et j'admire ces paysages fabuleux jusqu'à m'en user les yeux. J'ai regretté mille fois de ne pas vous avoir avec moi pour partager à vif ces moments privilégiés. Je pense même que j'aurai supporté vos appels à la prudence qui m'irritent tant d'habitude.
Je suis parti tard ce matin, victime d'un excellent canular de 1er avril de mon ami Jean-Pierre. J'ai pris la route vers 9 heures 15, alors que j'étais prêt à partir dès 8 heures. C'est pas bien grave, après tout je suis en vacances définitives, et rien ne pressera jamais plus, sauf ce rendez-vous aléatoire avec vous, mes admiratrices. Les mecs, je vous aime pareil, mais vu que vous ne m'écrivez pas, ou si peu, je préfère parler aux filles qui elles m'écrivent de temps à autres. Voilà.
J'ai donc quitté Guatemala-Ciudad, Guaté pour les intimes, ce matin et je suis arrivé à Tuxtla-Gutierrez vers 19 heures. Oui, j'ai roulé la nuit, mais fallait bien arriver quelque part... À part un petit bout au nord de la frontière, pas une seule ligne droite; une vrai route de montagne en lacets, à peu près 3 millions de virages pris à fond la caisse. J'ai une très bonne voiture, merci Anne-Louise; elle dérape franchement des quatre roues, et elle revient docilement dans le droit chemin. J'ai eu l'occasion de l'expérimenter souvent, surtout sur des tronçons de routes en réparation, couvert de petit gravier fin. J'ai découvert à cette occasion que c'est mieux de déraper du côté de la montagne que du côté du ravin! Essayez et vous verrez ce que je veux dire. Je ne me lasse pas de le dire, mais les paysages sont proprement fantastiques; ces montagnes volcaniques escarpées, couvertes de végétation tropicale paraissent bordées de dentelles. On distingue clairement la ligne des arbres au sommet, et ça fait des paysages uniques et typiques à cette région.
J'ai pensé coucher à San Cristòbal de las Casas; j'ai raté l'étape à l'aller, et je l'ai finalement écartée au retour. Trop tard, d'abord, et ensuite j'ai trouvé qu'il faisait froid ( 17°C à 18 heures) et sombre (nous sommes à 1500 mètres d'altitude) Le ciel était couvert de nuages, et j'ai essuyé la première pluie depuis janvier. Alors j'ai filé jusqu'à Tuxtla, 80 km de moins à faire demain. Quelle bonne idée que j'ai eue! La route de San Cristòbal à Tuxtla est accrochée à flanc de montagne (elle aussi) et elle offre des paysages dantesques; malgré la brunante, on distinguait très bien la vallée en bas, sous un ciel échevelé où l'on voyait à la fois du bleu et des nuages fantasmagoriques éclairés par le soleil couchant. Il y a même eu des éclairs en altitude; je crois que je n'oublierai jamais ce spectacle!
Je marche dans mes pas depuis hier, et je vais continuer jusqu'à la frontière des USA; on ne peut pas tout voir, et il y a quelque chose de magique à repasser dans ses traces. On voit les mêmes choses mais différemment; probablement l'acclimatation à cette vie du sud. Demain je pars pour Veracruz (à moins que je ne change d'idée!) Je suis vraiment amoureux de cette ville, alors il faut que je vérifie.... Après, je fouette les chevaux, et il se pourrait que j'arrive à Montréal bien avant que prévu. À suivre....
J'oubliais; depuis mon entrée au Mexique, je suis enfin assuré. C'est trivial, mais j'ai eu à l'occasion des petits malaises à rouler sans assurances; je vais enfin pouvoir rouler sans craindre de me voir emprisonner en cas d'accident. Ça fait du bien.
Je ne vous ai pas parlé du passage de la frontière, c'est parce qu'il n'y a rien à dire; je suis passé comme un charme et ça ne m'a rien coûté. Les douaniers mexicains sont en moyens de pression pour le salaire et la sécurité d'emploi, et ceci explique peut-être cela. Faudrait quand même que je vous raconte ce village frontière, La Mesilla d'un bord, et Cuauhtémoc de l'autre; mieux, il faudrait qu'on y retourne ensemble, si vous me promettez de ne pas faire de crise d'angoisse dans ce vrai coupe-gorge....
À demain, à Veracruz ou ailleurs. Continuez à m'écrire, je ne me lasse pas de vous lire.
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