mardi 6 février 2007

Tous les risques!

Un des 13 ou 15 manguiers de la propriété



Le cratère du volcan Santiago à Masaya, vu d'assez près; je suis allé au bord, mais la photo est trop épeurante!
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Le Nicaragua est le pays de tous les risques; sur une échelle de 0 à 10, il est coté 10 pour les risques de tremblements de terre, 8 ou 9 pour les risques d'éruptions volcaniques et 7 pour les risques d'ouragans tropicaux. Je vous cite ces chiffres de mémoire, mais vous pouvez toujours les vérifier, entre autres sur le site http://www.ineter.gob.ni/geofisica/sis/monitor.html ou encore faire une recherche sur Google avec Nicaragua+un nom de catastrophe naturelle; on ne peut pas se tromper, tous les risques naturels sont ici à leur maximum. En 1609, la ville de Leon fut entièrement détruite par un tremblement de terre et des éruptions volcanique, Managua fut dévastée par un tremblement de terre en 1972, puis par l'ouragan "Mitch" en 1998. La cote du Pacifique est menacée par les tsunamis, et la cote Caraïbe est une plaque tournante du trafic de drogues colombiennes à destination des États-Unis. Tout cela s'ajoute aux risques habituels des pays tropicaux que sont l'instabilité politique, les risques sanitaires causés par les déficiences du système de santé, par les maladies endémiques répandues par l'eau "potable" et les insectes piqueurs, et enfin aux risques causés par la criminalité que l'on attribue presque naturellement aux pays pauvres...
Le site du ministère des affaires étrangères du Canada, ainsi que ses homologues des pays développés mettent les voyageurs en garde contre ces risques réels; la lecture de ces avertissements est assez dissuasive et devrait normalement inciter les personnes raisonnables à éviter ces contrées lointaines, terres de tous les dangers. La lecture de ces mises en garde est assez déprimante pour qui aspire à connaître le vaste monde; heureusement, il y a des compensations pour qui décide malgré tout de partir....
Il y a tout d'abord le soleil, et le rhum et le café et ces longues après-midi oisives à l'ombre au bord de la piscine; Aussi cette profonde satisfaction d'échapper aux "grands" débats qui animent la société québécoise.... Je n'en parlerai pas plus qu'il ne faut, mais je suis tellement heureux de ne pas avoir à me prononcer sur les accommodements raisonnables, sur le nom de l'avenue du Parc, de ne pas avoir à choisir entre Boisclair et Charest, ou entre Harper et Dion que je suis prêt à affronter tous ces dangers, le temps qu'il faudra, et même plus.
D'ailleurs, en parlant de dangers, j'ai oublié de vous parler du plus menaçant, les mangues. C'est le pire risque réel auquel je suis exposé, tous les jours, et je l'affronte stoïquement. J'ai même failli oublier de vous en parler... Nous avons 13 ou 15 manguiers sur la propriété (le nombre varie directement en fonction de la quantité de rhum ingurgité!) Ce sont des arbres énormes chargés de centaines de mangues arrivant à maturité. De temps à autres, surtout quand la brise agite les frondaisons, une ou plusieurs d'entre elles se décrochent et tombent avec le son mat caractéristique de la mangue qui a raté sa cible humaine et s'écrase sur le sol. Le trajet entre la gloriette et la maison est particulièrement exposé, et j'ai oublié mon casque de construction à la maison. Je crains autant les mûres que les vertes, encore que je pense que les vertes étant plus dure, elles doivent frapper plus fort! J'espère fortement survivre à ce risque et profiter de l'expérience que je suis en train d'acquérir pour me préparer à affronter la saison des avocats qui s'en vient bientôt...
Comme vous pouvez le constater, amis, je vis dangereusement dans cette région troublée; je ne sais pas si c'est mon goût immodéré pour le risque ou bien autre chose, mais je ne donnerais pas ma place, pour le moment.
C'est bientôt l'heure du rhum; j'irai recompter les manguiers après.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Quel courage !

Dire que je croyais les bouchons de circulation sur les routes glacées et le froid intense des derniers jours étaient pénibles à vivre...

Au fait, est-ce que ta cotisation REER est faite pour l'année 2006 ? Parce qu'en plus, ici, dans ce beau pays glacé, nous sommes en pleine saison de la tornade des REER !

Ça fait tout de même plaisir de savoir qu'il existe un intrépide qui prend le temps de nous faire remarquer que les mangues produisent un bruit particulier en tombant sur le sol...

Merci pour la poésie et la leçon de géopolitique comme dirait l'ex-animatrice-de-radio-tralala-qui-ne-fait-plus-de-radio !

Carole la bénévole créole

Anonyme a dit…

Je suis l'amie d'une amie, j'ai le privilège de surveiller vos délicieux messages sur le blog, ici l'hiver est à son mieux et la vie de la cité telle que vous l'imaginez alors ...on prendrait bien des riques pour s'échapper et courir entre les mangues tueuses! Ne perdez pas une minute, vivre est une dangereuse aventure Alors...
Continuez d'écrire.

Anonyme a dit…

Well written article.