Vague de froid
Lui, c'est Emer, fils d'Emer et de Leticia qui travaillent sur notre propriété. On l'appelle Emercito pour le distinguer de son père. Il s'est mis à pleurer lorsque je l'ai photographié, sûrement à cause de l'émotion de la première photo, ou d'admiration devant le photographe...
Nous venons de subir notre première vague de froid; il a fait 16°C dans les montagnes, 22°C dans la gloriette à 10 heures du soir. Les médias se sont déchaînés contre les états du nord qui nous envoient leurs surplus de froid; ils ont aussi évoqué "El Nino" et le réchauffement climatique. Je suis fasciné par la mondialisation de l'information; où que l'on soit dans le monde, les journaux traitent des mêmes sujets, au même moment et avec la même superficialité et le même sensationnalisme... La "vague de froid" a duré 24 heures, les journaux ont repris le ron-ron du terrorisme, El Qaeda et la misère des entreprises aux prises avec une fiscalité contre-productive... Daniel Ortega parle de limiter les hausses de salaire des députés qui gagnent 3000US$ par mois. Le salaire minimum tourne autour de 60US$. Faites le calcul et transposez au Québec; avec un salaire minimum à 17 000$ par année, nos députés devraient gagner chacun 850 000$. Ça pourrait faire un bon slogan pour la présente campagne électorale! Au contraire, Mario Dumont pourrait proposer un salaire minimum à 2000$ par année en s'appuyant sur l'exemple du Nicaragua ou des autres pays de la région.
Voilà longtemps que je vous ai écrit pour la dernière fois; arrêtez de m'engueuler en coeur! Je vous aime toujours autant, c'est juste que je suis emporté par le tourbillon de la visite. Je suis presque tous les mardi à l'aéroport de Managua pour accueillir quelqu'un; les hôtesses de Transat (très gentilles et jolies) me prennent pour un concurrent clandestin... Mardi dernier, c'est Jean-Pierre lui même qui est enfin arrivé avec bien sûr le pastis en prime. Pour ceux qui le connaissent (et dieu sait s'ils sont nombreux) vous comprendrez qu'il m'est de plus en plus difficile de trouver le temps et la sérénité requis pour écrire ce blog.... Ajoutez le pastis, et me voilà confronté à un tout nouveau paradigme (pan, je l'ai placé!) Avant, c'était juste le vin et occasionnellement le rhum; maintenant, c'est le pastis, le vin ET le rhum. Je vous ai déjà dit dans une chronique précédente les effets pervers de l'alcool sur mon écriture; et bien, ça se confirme. Il est de toute première importance d'interdire l'alcool à tous ceux qui écrivent, je le répète; ça devrait même être l'enjeu principal de la présente campagne électorale. Comme ça nous aurions au moins un enjeu sérieux dans cette campagne qui risque de passer à l'histoire comme la plus ennuyante des 30 dernières années....
Ceci dit, si le pastis nuit à ma volonté d'écrivain, il faut tout de même reconnaître ses énormes qualités; c'est le vrai apéro du sud, totalement adapté au climat d'ici. Je ne sais pas pourquoi je m'en suis privé ici jusqu'alors, mais il ne sert à rien de revenir sur le passé. Tiens! Il est 16 heures ce dimanche, et je vais m'en servir un bien froid. C'est bien ce que je voulais vous dire; lorsqu'il fait très chaud, comme aujourd'hui, le pastis rafraîchit et parfume l'haleine d'une discrète odeur d'anis. Il grise dès les premières gorgées; pas besoin de voir le fond du verre pour avoir des sensations. Dès les premières gouttes, tout devient plus facile, comme de se diriger dans Managua par exemple. Je ne sais pas si je vous en ai déjà parlé, mais comme plusieurs villes de la région, les maisons de Managua ne portent pas d'adresse. Ça donne des trucs comme ça: pour le plombier, 2 coins de rue vers le lac à partir de la station Shell, puis 1 rue en bas (ça c'est l'ouest) puis 200 "varras" (vieille unité de mesure espagnole; environ 85 cm) vers le lac. Lorsque la station Shell a fermé, ça devient: à partir de l'ancienne station shell...etc. Depuis que je me suis mis au pastis, tout est devenu plus facile; je ne m'y retrouve pas mieux, mais je le fais dans la bonne humeur. Ce qui est vraiment fabuleux, c'est que je reçois ponctuellement mon courrier, malgré une adresse du genre. On a essayé de se faire envoyer un truc du Canada par FedEx, ils ont refusé pour cause d'adresse imprécise. Je ne comprends vraiment pas pourquoi!
J'ai revu mes dernières chroniques et réalisé que je vous promets souvent des textes plus substantiels sur le Nicaragua et ma vie ici. Et bien, je réitère cette promesse solennellement; c'est juste que j'ai besoin de temps et de sérénité et de moins de pastis. Le niveau descend lentement dans la bouteille; gardez espoir. Je vais pour le moins essayer de publier des petites nouvelles plus fréquentes pour que vous cessiez de m'engueuler! D'ailleurs, je tiens quand même à remercier celles d'entre vous qui le font discrètement en m'envoyant un e-mail au lieu de le mettre au vu et au su de tous dans mon blog!

1 commentaire:
Peter. moi je te rouve marrant. fais-nous des capsules plus courtes et surtout il faut continuer le pastis.Ca donne de l'humur et de l'humour à tes mots.
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