jeudi 29 mars 2007

Et c'est reparti!


Voilà Charlatan! Je l'ai photographié pendant qu'il dormait, pour ne pas trop vous effrayer... On pourra dire ce qu'on voudra sur notre tendance à faire de l'anthropomorphisme ou à prêter des sentiments aux animaux, mais ce chat (ou ce bébé jaguar, qui sait) a passé toute la nuit avec moi, et il est resté à mes côtés pendant que je prenais mon café ce matin, tout comme s'il avait su que je le quittais pour longtemps. Nous nous connaissons depuis seulement 3 semaines... (En passant, remarquez ces petites touffes de poils suspectes au bout de ses oreilles!)
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J'ai finalement tenu parole; je suis parti comme prévu ce matin à 7 heures, dans la tristesse générale. Nous étions tous émus: Leticia, Emer, Emercito, moi-même et aussi Jean-Pierre qui s'est levé à 6 heures du matin (rassurez-vous, il s'est recouché pour se relever à 7 heures...) Je crois que nous avons créé une nouvelle et vraie communauté autour de cette maison.
Je suis rendu à San Pedro Sula, Honduras. 11 heures de route et seulement 615 km. Je voulais me rendre à Copan, ce sera pour demain. J'ai arrêté à 17 heures 30 à 2 heures du but, juste avant la nuit.
N'allez pas au Honduras, ou attendez 2 ou 300 ans avant de venir, le temps que ce beau pays accède à la civilisation. Si vous décidez quand même de venir, au moins ne conduisez pas; je crois que j'ai découvert les pires conducteurs de la planète. Ils conduisent de mal à très mal et en plus, ils sont suicidaires. Ici, les doubles lignes jaunes servent seulement de décoration; lorsqu'il y a de la place pour 2, on passe à 3 et quand il y a place pour 3, on passe à 4. Le Honduras est un pays montagneux qui semble plissé d'est en ouest. Comme je roule franc nord, j'ai traversé au moins 6 cols assez élevés par des routes en lacets, virages en épingle et à pics vertigineux. La route est assez belle mais encombrée de poids-lourds qui se traînent dans ces montées. Alors on les dépasse n'importe où, n'importe comment, n'importe quand. À Rome, on fait comme les romains, alors j'ai fait un romain de moi-même; j'ai connu cent fois le doux frisson d'arriver face à face avec un 18 roues et de le voir se tasser poliment à ras des rétroviseurs. Personne ne se plaint, c'est ainsi que l'on conduit ici. Au barème du Québec, j'ai dû économiser au moins 2500 points de démérite! La police n'en a cure, elle est occupée à faire des barrages; j'en ai passé 15 sur 600 km, et ils m'ont arrêté une seule fois et je n'ai rien payé, toujours ça de gagné sur mon budget de corruption....
Les paysages, ce que j'ai pu en voir, sont splendides; hautes montagnes abruptes couvertes de forêts de pins, entrecoupées de vallées fertiles; ça vaut vraiment le coup d'oeil. Dommage que tout ça soit gâché par le climat de violence qui sévit dans tout le pays... Il y a un centre d'achat collé sur mon hôtel; chaque boutique est gardée par un homme lourdement armé. L'affiche à la banque demande aux clients de déposer leurs armes à l'entrée!
Ce climat de violence dure dans ce pays d'aussi loin que je me rappelle; difficile de prévoir s'il va finir un jour.
J'ai connu quand même un beau moment de voyage, paradoxalement au passage de la frontière; des douaniers souriants et de bonne humeur, ce qui est déjà remarquable, et mon guide Alejandro. Je vous ai déjà parlé de ces guides; ils s'agit de gens qui se chargent de nous guider à travers le lourd processus bureaucratique de la sortie d'un pays et de l'entrée dans l'autre. En fait, ils font le travail à notre place contre une petite rémunération, et ils sont hautement acceptés par les douaniers car ils facilitent gratuitement le leur. Pendant qu'Alejandro se chargeait des formalités, un petit groupe d'enfants, probablement des apprentis guides, s'est rassemblé autour de moi pour me soutirer quelques sous. Leur entrée en matière est imparable: ils sont tous orphelins et ils ont tous faim. Je me suis assis avec eux (les formalités ont duré une heure) et nous avons parlé de choses et d'autres, et notamment de pauvreté. Quand ils ont su que je n'avais pas d'enfants, ils se sont tous portés volontaires pour être adoptés; j'ai décliné l'offre avec peine tant ils étaient charmants. Ils ont quand même atteint un de leurs objectifs, je leur ai offert le repas à la cantine; je les ai laissés tellement et visiblement heureux que je m'en suis voulu de ne pas les avoir adoptés tous séance tenante.
Demain je vais à Copan (Honduras) visiter les ruines Mayas; on dit qu'il s'agit des plus significatives de cette civilisation. Je vous en parle dès que j'en aurai l'occasion.
Merci pour vos nombreux messages et pour votre chaleur communicative; ne soyez pas jalouses, la mamma c'était juste pour vous provoquer, encore que, à bien y penser....

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