mardi 3 avril 2007

6ème jour, repos!

Bon, on recommence. Je vous avais écris le plus joli message qui soit, le plus spirituel et sensible depuis que j’ai commencé à écrire ce blog, (France me dit que c’est blogUE en français; comme si je n’avais pas assez de Jacques Brouillet pour corriger mon français!) quand pouf! Il est parti dans les limbes! J’aurais dû m’en douter; je suis installé au bord de la piscine, en sirotant une Corona bien froide à votre santé à toutes (allez, tous pour les gars aussi) et ma connexion internet laisse un peu à désirer. On ne peut pas tout avoir!
Je recommence donc, mais ce sera plus court et moins spirituel, juste pour vous faire savoir que je suis vivant, en bonne santé et arrivé depuis hier à Veracruz. L’esprit c’est comme l’alcool (d’ailleurs c’est absolument un synonyme) l’abus engourdit les sens.
Je suis rendu de nouveau à Veracruz depuis hier soir. J’ai décidé de prendre une journée de farniente le 6ème jour; pas comme l’Autre qui s’arrêta le 7ème après avoir botché la job comme dit si bien Bertrand Russel : «Si je recevais la toute-puissance, avec des millions d'années pour expérimenter, je ne penserais pas à me vanter de l'Homme comme résultat de mes efforts. » Non, j’ai arrêté parce que je nourris simplement un amour immodéré pour cette ville comme vous savez, et je voulais juste vérifier si elle le méritait. Veracruz me fait penser à Montréal ; c’est une ville de 500 000 habitants, un des ports les plus importants du Mexique, actif depuis le XVIème siècle. Son quartier historique présente une architecture homogène et son Zocalo ressemble à la place Jacques Cartier avec des Mariachis. Jacques Cartier s’est vraiment planté de nous installer là-bas alors que la place ici était encore à prendre !
Mon voyage s’est déroulé comme un charme ; je roule désormais franc-nord et je me rapproche de vous à grande vitesse. Ne vous inquiétez pas cependant ; jusqu’à présent je n’ai pas avancé plus vite qu’à l’aller, si je vous en donne l’impression, c’est probablement parce que l’idée de retour implique un sentiment d’urgence totalement subjectif. Demain, j’allongerait le pas pour vrai ; je vais tenter de faire en un jour ce que je fis en 2 à l’aller. Comme je vais longer la mer toute la journée, je veux m’éviter les tentations. Faut quand même que je revienne après tout.
Hier j’ai fait de l’autoroute presque tout le long ; le vrai luxe ! Enfin, c’est comme ça qu’ils appellent ce genre de route à péage ; il y avait quand même des chars à bœufs, des ânes, des moutons qui rentraient tous seuls à la maison, des hommes à bicyclettes, un homme avec deux bicyclettes, des piétons venant d’on ne sait où, un grand store vertical qui fait un joli bruit quand on roule dessus. Il manquait juste le raton laveur pour faire penser à Prévert !
J’ai aussi enfin été arrêté par l’armée, ça commençait à me manquer ! Choc culturel : Bonjour, je suis le lieutenant Gonzalez, je vous contrôle dans le cadre d’une opération de vérification des armes et explosifs ; d’où venez-vous, où allez-vous, vos papiers SVP. Est-ce que les autorités mexicaines ont été courtoises avec vous ? J’en suis resté bouche bée et je l’ai fait répéter : est-ce que les autorités mexicaines ont été courtoises à votre égard ? Voilà, c’est bien ce que j’avais entendu. Comme je ne voulais pas lui faire de peine, je ne lui ai pas parlé du ripoux de Matamoros et je l’ai remercié pour sa sollicitude.
C’est un peu ça que je voulais vous dire l’autre jour en vous parlant des différences entre l’aller et le retour ; Lorsqu’on rentre au Mexique en venant du nord, on arrive carré dans le tiers monde. Lorsqu’on y rentre par le sud, on arrive en Amérique du nord, et c’est vraiment l’impression que j’ai eue. Guy, tu as tout faux avec ton exemple de Longueuil, à part peut-être pour la police qui, avec celle de Laval, a des fois des airs de parenté avec les flics du vrai sud…
Il fait chaud et humide ; si je réussis à publier ce message, je vais aller me rafraichir un peu dans ma chambre climatisée, et après direction le Zocalo pour un repas tranquille sur une terrasse. Je prendrai une ou deux Coronas bien froides en pensant à vous, et Marie, je te promets que je ramène le soleil avec moi.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Euh... oui Pierre, ramène nous le soleil, ça presse, comme on dit ici parceque, comme l'a chanté Charlebois... 'Et c'est curieux de voir comme tout cela ressemble
A ces temps mal aimés que l'on connait bien
Toutes ces choses là venant toutes ensemble
Laissent à penser que c'est l'hiver demain.'... 3 à 6 cms de neige annoncés par le gars d'la météo que je commence à maudir pour de bon! Alors, viens vite siouplait, pacque lô,lô, ça va faire!!! :-) Bisous Marie