Dans mes traces
La route au Guatemala, tout près de la frontière Mexicaine, à Ciudad Cuauhtémoc. Nous sommes au fond d'un canyon vertigineux, et la rivière coule à 300 pieds plus bas. Il y a 34 croix, et elles portent plusieurs dates différentes, toutes assez récentes. Souvent, plusieurs membres de la même famille. Quand je vous dis que je vis dangereusement!
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Je m'en suis encore mis plein les mirettes! C'est décidé; le retour je le fais en char à boeufs, et je ne conduis pas. Je regarde et j'admire ces paysages fabuleux jusqu'à m'en user les yeux. J'ai regretté mille fois de ne pas vous avoir avec moi pour partager à vif ces moments privilégiés. Je pense même que j'aurai supporté vos appels à la prudence qui m'irritent tant d'habitude.
Je suis parti tard ce matin, victime d'un excellent canular de 1er avril de mon ami Jean-Pierre. J'ai pris la route vers 9 heures 15, alors que j'étais prêt à partir dès 8 heures. C'est pas bien grave, après tout je suis en vacances définitives, et rien ne pressera jamais plus, sauf ce rendez-vous aléatoire avec vous, mes admiratrices. Les mecs, je vous aime pareil, mais vu que vous ne m'écrivez pas, ou si peu, je préfère parler aux filles qui elles m'écrivent de temps à autres. Voilà.
J'ai donc quitté Guatemala-Ciudad, Guaté pour les intimes, ce matin et je suis arrivé à Tuxtla-Gutierrez vers 19 heures. Oui, j'ai roulé la nuit, mais fallait bien arriver quelque part... À part un petit bout au nord de la frontière, pas une seule ligne droite; une vrai route de montagne en lacets, à peu près 3 millions de virages pris à fond la caisse. J'ai une très bonne voiture, merci Anne-Louise; elle dérape franchement des quatre roues, et elle revient docilement dans le droit chemin. J'ai eu l'occasion de l'expérimenter souvent, surtout sur des tronçons de routes en réparation, couvert de petit gravier fin. J'ai découvert à cette occasion que c'est mieux de déraper du côté de la montagne que du côté du ravin! Essayez et vous verrez ce que je veux dire. Je ne me lasse pas de le dire, mais les paysages sont proprement fantastiques; ces montagnes volcaniques escarpées, couvertes de végétation tropicale paraissent bordées de dentelles. On distingue clairement la ligne des arbres au sommet, et ça fait des paysages uniques et typiques à cette région.
J'ai pensé coucher à San Cristòbal de las Casas; j'ai raté l'étape à l'aller, et je l'ai finalement écartée au retour. Trop tard, d'abord, et ensuite j'ai trouvé qu'il faisait froid ( 17°C à 18 heures) et sombre (nous sommes à 1500 mètres d'altitude) Le ciel était couvert de nuages, et j'ai essuyé la première pluie depuis janvier. Alors j'ai filé jusqu'à Tuxtla, 80 km de moins à faire demain. Quelle bonne idée que j'ai eue! La route de San Cristòbal à Tuxtla est accrochée à flanc de montagne (elle aussi) et elle offre des paysages dantesques; malgré la brunante, on distinguait très bien la vallée en bas, sous un ciel échevelé où l'on voyait à la fois du bleu et des nuages fantasmagoriques éclairés par le soleil couchant. Il y a même eu des éclairs en altitude; je crois que je n'oublierai jamais ce spectacle!
Je marche dans mes pas depuis hier, et je vais continuer jusqu'à la frontière des USA; on ne peut pas tout voir, et il y a quelque chose de magique à repasser dans ses traces. On voit les mêmes choses mais différemment; probablement l'acclimatation à cette vie du sud. Demain je pars pour Veracruz (à moins que je ne change d'idée!) Je suis vraiment amoureux de cette ville, alors il faut que je vérifie.... Après, je fouette les chevaux, et il se pourrait que j'arrive à Montréal bien avant que prévu. À suivre....
J'oubliais; depuis mon entrée au Mexique, je suis enfin assuré. C'est trivial, mais j'ai eu à l'occasion des petits malaises à rouler sans assurances; je vais enfin pouvoir rouler sans craindre de me voir emprisonner en cas d'accident. Ça fait du bien.
Je ne vous ai pas parlé du passage de la frontière, c'est parce qu'il n'y a rien à dire; je suis passé comme un charme et ça ne m'a rien coûté. Les douaniers mexicains sont en moyens de pression pour le salaire et la sécurité d'emploi, et ceci explique peut-être cela. Faudrait quand même que je vous raconte ce village frontière, La Mesilla d'un bord, et Cuauhtémoc de l'autre; mieux, il faudrait qu'on y retourne ensemble, si vous me promettez de ne pas faire de crise d'angoisse dans ce vrai coupe-gorge....
À demain, à Veracruz ou ailleurs. Continuez à m'écrire, je ne me lasse pas de vous lire.

5 commentaires:
C'est passionnant de vous lire, une vraie drogue.Et cette solitude assumée. Oui c'est formidable et pas toujours facile mais quelle vie. Vous trouverez Montréal bien plat et gris mais vous y avez des amies, amis aussi toutes et tous dans l'attente de toucher au voyageur. M'est avis qu'ils devront faire quelques efforts pour vous éblouir. My God prévoyez du temps!
Parlant du chat,celui là est un chat de gouttière peut-être un peu mèlé, on sait pas ce que les chattes aiment parfois, mais il aurait un peu de siamois ça ne m'étonnerait pas. Grandes oreilles, museau pointu, ronron rauque, on ne parle pas du caractère, mais c'est un chat qui sent quand son maître est triste ou malade, qui boudera un peu avant de faire des caresses au retour et sera ravi, c'est un chat qui doit manger assez pour s'arrondir devenir beau à moins que ça ne soit une chatte alors misère,feulement te tremblement le doux temps des amours venu. Longue vie à Charlatan.
Mon cher Pierre, il est normal qu'en "repassant dans ses traces, on voit les mêmes choses différemment" mais ça n'a rien à voir avec "l'acclimatation à cette vie du sud". On vit la même chose ici, la preuve en est qu'en prenant le pont Jacques-Cartier vers le sud, on voit très bien Longueuil, mais aussi Montréal dans le rétroviseur; au retour, c'est bizarre mais c'est l'inverse.
Rien à voir avec le sud à moins que...Longueuil, c'est au sud n'est-ce pas?
Bon retour
Guy
Salut Peter, bon continuation de voyage et fias attention à toi. As-tu rapporté mes lunettes? merci à l'avance. J'ai quandmême pris rendez-vous pour des neuves avec une precriptionactualisée.
Sois prudent
«Comment peut-on apprendre à se connaître soi-même ? Par la méditation, jamais, mais bien par l’action.»
[ Gandhi ] - Sentences en prose
J'ai le sentiment que tu progresses à vitesse V!!! Bon, je ne te redirai pas de faire attention à toi... quoi que...
Il pleut sur Montréal... mais quand tu y arriveras, il fera beau, d'ac? Tu aurais pu nous raconter la big joke que JPO t'a faite!... :-) Bisous Marie
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