jeudi 11 janvier 2007

Ciudad de Guatemala



Allez, encore une photo de Comitàn; j'ai aimé cette petite ville, et j'y retournerai. Cette photo est intéressante à plus d'un titre; tout d'abord, on y voit mon reflet! Ensuite, c'est la photo d'une plaque installée par la municipalité qui honore la mémoire d'un professeur, ce qui est rare et digne de mention; les instituteurs et les professeurs devraient toujours figurer tout en haut de l'échelle des valeurs dans une société qui se respecte.... Son libellé m'a ému: "Prof untel, il a cultivé les arts, les sciences, les orchidées et les enfants". Je ne connais pas ce professeur, mais il serait certainement fier d'avoir mérité un tel témoignage de reconnaissance de sa communauté! En même temps, j'ai trouvé que cette délicatesse honore la ville de Comitàn.

Voilà, je vous ai fait assez languir. Le titre l'annonçait, mais je suis rendu à Guatemala City. Grosse étape dans ce voyage. Je l'appréhendais; je vous ai dit la frontière, mais c'est le pays que je crains. C'est un pays qui a une vieille tradition de violence; j'y suis venu à la fin des années 70 pour répondre à l'appel des syndicats qui n'en pouvaient plus de la répression dont ils étaient victime, et j'ai eu peur, à l'époque. 200 000 victimes civiles de l'oligarchie, dans le silence total de la communauté internationale. Ça laisse des traces, et ça dicte des comportements durables. Le peu que j'ai vu aujourd'hui me le laisse penser. J'ai passé à peu près 12 contrôles policiers; un automobiliste s'est fait arrêter devant moi par un policier arme au poing, juste pour un contrôle de routine! Les moeurs politiques de ce pays ont l'air de changer dans le bon sens, mais pour les mentalités, ça va prendre du temps....

Une heure à la frontière, cool! Ils n'ont même pas jeté un oeil dans la voiture. J'ai fait des papiers avec des tampons, et encore des papiers. Passeport, permis d'importation temporaire d'une automobile, désinfection sanitaire, plus formalités de sortie du Mexique, tout ça dans 4 bureaux différents. Les douaniers guatemaltèques sont en moyens de pression contre leur employeur; ils veulent une revalorisation de leurs salaires. Je leur ai dit qu'au Canada, leurs confrères veulent des guns, et ils m'ont répondu qu'ils sont prêts à leur donner les leurs qui sont en train de rouiller faute d'utilité contre une augmentation significative. Je leur ai promis de faire le message.

Un seul Hic, pas d'assurance; malgré toutes les informations que j'avais vérifié comme j'ai pu, pas possible de contracter une assurance auto à la frontière. Les douaniers m'ont suggéré de vérifier dans la capitale, ce que je vais faire demain. En attendant, j'ai été prudent; j'ai roulé le plus vite possible en me disant que plus on roule vite, moins on est longtemps sur la route et donc moins on a de chances d'avoir un accident. C'est encore plus vrai dans ce pays où, contrairement au Mexique où j'ai trouvé les conducteurs particulièrement courtois et affables, ici c'est le struggle for life; chaque place dans la file doit être chèrement payée. L'ennemi absolu, c'est la voiture qui est devant soi! N'ayez crainte, vous n'avez pas à rougir de moi en vertu du principe énoncé plus haut. La route a été difficile; elle traverse des paysages fabuleux, très montagneux, surtout au début, toute en virages, en montées et en descente. Ici, pas besoin d'altimètre; il suffit de surveiller le thermomètre. 25 degrés dans les creux, 12 degrés dans les hauteurs. Les différences de températures sont hallucinantes.

Contrairement à ce que laisse prévoir leur attitude de conducteur et leurs moeurs politiques, les guatémaltèques sont très gentils, curieux et communicatifs. La route est en réfection, et j'ai passé à peu près 3 heures à attendre dans les embouteillages causés par la fermeture d'une voie de circulation. Chaque fois, c'était une superbe occasion de bavarder avec mes compagnons d'infortune, en faisant contre mauvaise fortune bon coeur. Riche et fatigante journée.

Demain je fais étape à Esquipulas (Vous saviez même pas que ça existe, moi non plus!) tout près de la frontière du Honduras. C'est là que je vais fêter mon anniversaire (79 ans) Merci du fond du coeur à tous ceux qui m'ont envoyé un message pour l'occasion.

Voilà, c'est fini pour aujourd'hui!

PS. J'apprécie beaucoup lire vos messages, et je m'efforce d'y répondre; je n'ai pas l'adresse internet de certains d'entre vous, ce qui me prive de ce plaisir. Alors Jacques, Carole et ceux à qui je n'ai pas encore répondu, mettez-moi donc votre e-mail!

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut Pierre !

C'est pas parce que tu te sens vieux que tu dois mentir sur ton âge. Moi je trouve que tu rajeunis !

Bonne Fête !

Anonyme a dit…

Bonjour M. Marin,
C'est a votre tour aujourd'hui de célébrer votre anniversaire et Nancy et moi prendrons une bonne frette a votre santé sans faute.
On vous souhaite de continuer votre magnifique pélerinage en toute sécurité et en beauté comme c'est le cas jusqu'a présent.
Bonne Fête et vous nous manquez beaucoup. Une chance qu'on peut vous lire assiduement.

Nanane (allias la ptite grosse du lac)
et Milène (allias grande asperge).
bisous.

Anonyme a dit…

Je me vois mal à ta place et sans parler la langue...c'est encore plus gringos et moins rassurant.Compte tenu des passages aux frontières,il y a place pour un petit bureau d'avocat ou d'ombudsman...vite le Honduras! ljgilbert@videotron.ca

Cassoulet, foie gras et truffes a dit…

Bonne fête Pierre!
On connaissait l'arroseur arrosé mais pas encore le photographe photographié... Superbe l'idée de la plaque pour les profs mais, en y pensant bien, j'en ai connu quelques uns qui n'auraient surement pas aimé voir ce que j'y aurais gravé!
Pis arrête de te vieillir, tu vas passer pour un menteur.