dimanche 7 janvier 2007

Los Totonacos

Paplanta, vendredi 5 janvier, 18 heures


Où est-ce que j’en étais? Ah oui, les Totonaques. J’ai mis le titre en espagnol juste pour vous permettre de progresser dans cette langue. Ça se traduit exactement comme tabarnaque. En passant, j’espère que vous avez apprécié mon demi exploit en lisant ma dernière parution; ce fut de la haute voltige! Les cafés internet où je suis allé (j’en ai essayé 2) font vraiment pitié. Ils ne coûtent pas cher (0,50$ pour une vingtaine de minutes) mais ils ne valent pas cher non plus. Demain, je serai en ville, et je vous promets que j’aurai une connexion décente pour vous transmettre une avalanche de photos, incluant celle que vous n’avez pas eue aujourd’hui.
J’ai passé la journée sur le site de El Tajin, la cité des Totonacos. Site classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, c’est le 3ème site archéologique le plus visité au Mexique, et il le mérite. Environ 127 structures identifiées, et 40 mises en valeur de belle façon. J’ai pris quelques méchantes photos, et je vais finir par les afficher un jour mais, si vous aimez les vieilles pierres et l’histoire des civilisations pré-colombiennes, je vous invite à aller sur internet, à vous abonner au National géographic ou, encore mieux, à venir ici à l’occasion d’un de vos nombreux congés. Si vous êtes comme ça, dépêchez-vous de faire vos valises, ça vaut vraiment le voyage; et, si vous êtes comme ci, et bien, le monde est vaste…. Moi je suis comme ça et aussi comme ci; j’aime les vieilles pierres, mais j’aime encore plus les gens, de l’époque et de maintenant.
La civilisation Totonaco a régné sur la région de l’an 100 à l’an 1200 croit-on. J’ai compris aujourd’hui pourquoi elle a disparu. Il y a d’abord ce truc complètement sauté des « voladores » Vous avez certainement déjà vu un reportage là-dessus. Ils sont 5 hommes et ils se rendent au boulot en paradant dans leurs beaux habits du dimanche tout brodés d’or, en jouant de la flûte accompagnée par ces petits tambours qu’on joue d’une main, comme les moulins à prière des bouddhistes. J’ai manqué la photo. Ils arrivent au pied d’un mât de 100 pieds de haut muni de petites marches. Ils grimpent jusqu’à une petite, toute petite plate-forme au sommet sur laquelle ils ont du mal à se tenir. Rendus là, ils se mettent à faire tourner la plate-forme en entourant ainsi autour d’elle 4 câbles qui pendaient jusqu’au sol. Le foreman continue à jouer du pipeau pour les encourager. Quand les câbles sont complètement enroulés, les 4 voladores (non c’est pas des voleurs, ce sont des hommes volants! Voleur ça se dit : ladron!) les 4 donc attachent chacun l’extrémité d’un câble à leur pied gauche et ils se lancent dans le vide en tournant sur eux mêmes et autour du poteau, à mesure que le câble se dévide, jusqu’à ce qu’ils se posent sur le sol. Compte tenu de la qualité des câbles de l’époque, ça devait être tout un jeu de massacre!
Leur autre sport était un jeu de balle; on ne connaît pas trop les règles, mais ils ont construit de nombreux stades pour y jouer. La théorie dominante, c’est que le gagnant (oui, oui, le gagnant) était sacrifié à la fin de la partie. Il allait rejoindre les dieux en pleine gloire, et tout le monde était content du beau spectacle.
Ma théorie, c’est qu’à force de sacrifier leurs meilleurs éléments génétiques, il ne restait plus que les petits gros (je le sais, je les vois à tous les jours sur la place du village!) et ils se sont fait planter par les autres civilisations qui elles, avaient compris qu’il valait mieux sacrifier le perdant et laisser faire pour le saut à l’élastique! Je crois bien que c’est ainsi que la civilisation Totonaco a disparu…. Je continue mes recherches.
En arrivant au guichet, il y a une grande banderole qui dit : « les travailleurs du Tajin rejettent l’abrogation de l’article 73 de la loi constitutive etc.… » Vous me connaissez; je demande au gars c’est quoi donc cet article 73 que vous rejetez? Vrai comme je vous le dit, des lumières se sont allumées dans ses yeux, et il m’a expliqué de long en large la conséquence de l’abrogation de cet article, content de voir un gringo s’intéresser à son sort et à celui de ses collègues. Les 8 personnes qui sont derrière moi à attendre leur tour apprécient… (oui c’est vrai, et non, c’est pas les mêmes qu’à la douane!) Le gars était tellement heureux qu’il était gêné de me faire payer les 45 pesos de la visite (45 cents) Alors, pour se faire pardonner, il me donne un truc; pour une visite guidée, il y a un supplément de (je n’ai pas compris le montant) passez la barrière et joignez-vous à un groupe, ça ne vous coûtera rien! J’ai suivi son conseil pour 10 minutes; le guide était intéressant, mais je n’ai pas l’instinct grégaire, comme vous savez. C’était un petit gros qui nous a parlé un peu en Totonaque pour nous montrer ce que c’était. Son ancêtre avait sûrement perdu sa partie de balle. J’ai continué tout seul. La journée était magnifique pour cette visite; belle température, ciel partiellement nuageux pour nous protéger du soleil et peu de touristes. Il y avait quand même l’inévitable couple de français : « Chéri, tu as vu? Ça ressemble à la Grande Motte! »(station balnéaire de la Méditerranée avec des immeubles en forme de pyramides) Elle a répété 2 fois pour permettre à tous de mesurer la finesse de sa culture. Vu aussi une famille parfaite de nordiques (norvégiens ou hollandais ou quelque chose du genre) Papa, maman et 2 pré-ados propres et polis comme ça se peut pas. Le mec a déplacé une pierre en s’accrochant dessus, juste devant moi. Il l’a replacée ostensiblement pour montrer son grand respect pour les sites historiques. J’ai caché ma cigarette, un peu géné.
Au retour à l’hôtel, j’ai eu un coup au cœur! J’ai réussi à hacker un réseau sans-fil et à accéder à internet! Ma joie a été de courte durée, juste le temps d’envoyer un mail et pouf! C’est fini pour aujourd’hui.
J’ai oublié de vous dire; Paplanta est aussi la capitale mondiale de la vanille. En saison la ville entière est parfumée à la vanille… On n’est pas en saison, alors faut revenir en avril.
Le temps file; le 12, j’ai rancart à Tegucigalpa, Honduras, et j’ai juste le temps de m’y rendre. Demain je me rends à Veracruz où j’espère rester 2 jours quand même. J’ai spotté un Holiday Inn
avec internet et c’est de là que je vous enverrai ce texte écrit à chaud sur Word. Je vous enverrai aussi des photos, promis.
Pour le moment, je suis à l’hôtel Tajin et je vais me coucher; la musique vient de s’arrêter sur le Zocalo, les oiseaux se sont tus depuis longtemps (faudrait un jour que je vous en parle)
Je vous embrasse toutes, et pour les gars, c’est selon….

Viva los Totonacos!

PS. Contrairement à ce que disait leur pub, je n’ai pas de connexion dans ma chambre d’hôtel à Veracruz où je suis rendu. Déception! Je pars prendre une bière sur le Zocalo avec ma prise USB dans la poche, et, qui sait, peut-être que vous finirez par me lire!

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