Veracruz!
Veracruz, 6 janvier, 21 heures- heure centrale (je ne vous le dirai plus, je n’en change plus!)
Terrible déception; pas de connexion internet dans la chambre de ce Holiday Inn, mais connexion sans-fil sur le bord de la piscine. L’un compense l’autre, et temps pis pour l’intimité. Deuxième déception, mon gestionnaire de Blog (Google himself) est en panne. J’ai passé 2 heures à essayer de publier mon billet d’hier, en vain. Avant de jeter mon portable dans la piscine, j’ai décidé d’aller me calmer les nerfs ailleurs; après tout, je suis rendu là où je voulais aller, et tant pis pour vous si vous ne le savez pas encore. Ça viendra.
Je suis à Veracruz, capitale de l’état éponyme (je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je déteste ce mot employé à toutes les sauces par trop d’animateurs, par un effet de mode… Excusez-moi, mais il est venu tomber tout seul au bout de mes doigts, alors je l’y laisse!) Veracruz, c’est aussi le titre d’un western avec Gary Cooper et Burt Lancaster que j’avais vu enfant, vers le milieu des années 50. N’allez pas le louer, il a très mal vieilli. N’empêche que lorsque je l’ai vu, ce film représentait pour moi, jeune français fils d’immigrés en province, un sommet dans l’exotisme; je me suis toujours dit qu’il faudrait bien y aller pour vrai. J’y suis.
Veracruz est un des ports les plus importants du Mexique. Sa possession a fait l’objet de nombreuses guerres, incluant, ça ne s’invente pas, la guerre des gâteaux. Anglais, français, américains, pirates, tous s’en sont donné à cœur joie; même Gary Cooper et Burt Lancaster y ont mis du leur… Vous avez tout ça et plus sur internet, maintenant que vous y êtes habitués; juste à faire la recherche sur Google. Si vous voulez voir le chemin que j’ai parcouru et les cartes, allez sur « Mapquest ».
J’ai fait 5000 Km depuis mon départ de Montréal le 25 décembre dernier. Si j’en juge par le thermomètre de la voiture, je suis là où je voulais être; il a fait 32 degrés et le ciel est complètement dégagé, bleu comme un ciel qui aurait vu des cartes postales et qui voudrait faire mieux pour épater la galerie.
Le trajet s’est déroulé sans histoire; je commence à intégrer la culture automobile mexicaine, j’ai même dépassé un camion en passant sur une double ligne jaune devant un policier! Il n’a pas bronché, et j’ai économisé au moins 12 dollars. Je suis encore chez les Totonaques, mais on dirait que c’est la branche qui a réussi; les villages sont plus proprets, les maisons mieux entretenues. J’ai quand même vu un âne mort, tout près des maisons, avec 45 vautours qui se chargeaient de la voirie, tranquilles tant ils étaient certains qu’il y en aurait pour tous, et que personne ne viendrait les déranger. Tant que je suis dans la chronique animale, j’ai vu aussi une auto frapper une dinde de plein fouet; je ne sais pas pourquoi, j’ai eu une pensée attendrie pour Myriam Bédard…
Pour oublier ma déconvenue informatique dont je vous parlais tantôt, je suis aller dîner (souper si vous voulez, en tout cas, il était 19 heures) sur le Zocalo (oui, il y en a un ici aussi, comme dans toutes les villes du Mexique)Celui là est particulièrement remarquable part l’architecture des immeubles qui l’entourent et par son animation. La place est entourées de grandes arcades où les bars et restaurants ont installé leurs terrasses. En face de chaque terrasse ou presque, un groupe de musiciens; je vous dis pas la cacophonie! En plus, ce soir, il y avait un spectacle sur la grand scène au milieu de la place. Lorsque j’ai vu la taille des hauts-parleurs, j’ai choisi le restaurant le plus éloigné, à l’arrière de cette scène. Alors, j’ai rien vu, mais j’ai entendu! D’abord j’ai cru reconnaître Léo Delibes dont les fortissimo réussissaient à couvrir la musique des Mariachis! Puis quelqu’un d’influent sans doute a fait taire les pauvres Mariachis (z’étaient pas contents) et hop on a tous pu entendre la même musique. Je m’était planté, c’était Strauss, puis Casse-noisette (Je n’écris pas Tchaïkovsky, je n’ai pas de dictionnaire!) etc. C’était un pot-pourri, le hit-parade des ballets. Donc j’avais bien entendu Delibes… La foule applaudissait à chaque respiration de l’orchestre, et comme le chef de la police devait y assister, assis juste à côté du Maire; les Mariachis n’avaient aucune chance. Heureusement, ils connaissent la musique; sur la dernière note de « La belle au bois dormant » ils sont repartis tous ensemble de plus belle. Moi aussi. J’avais mon content d’agitation et j’aspirais au calme!
Alors me voici au bord de la piscine à vous écrire ce petit billet et à essayer vainement d’accéder à mon blog. Manana!
Je reste ici 2 nuits pour refaire mes forces et surtout faire un petit ménage dans la voiture. Après je force le pas, ce qui veut dire que je vais devoir traverser le Chiapas sans arrêter. Dommage, mais ce sera pour le retour. Je fais moins de route que prévu sur ces chemins difficiles, et le calendrier me rattrape!
Soyez gentils, continuez à m’écrire, même si je ne vous réponds pas; ça devient de plus en plus difficile pour internet, et je n’ai pas le temps de vous répondre à tous, tous les jours. Je vais le faire, promis; en attendant, je vous lis assidûment avec grand plaisir, chaque fois que j’en ai l’occasion. Un petit mot pour les « anonymes »; faites un petit effort pour vous identifier en mettant votre commentaire, certains y arrivent, alors essayez de trouver la recette! N’ayez pas peur; je vous aime pareil, et je vous ai tous reconnus…
PS. Je me dépêche à publier ce message, même si je le trouve sommaire et incomplet; vous ne pouvez pas imaginer les pirouettes que j’ai dû réaliser pour vous l’envoyer; j’en ai attrapé un lumbago. Tant que j’ai la connexion, j’essaye des photos. Ne m’engueulez pas si c’est en vrac et sans commentaires… C’est un essai dans des conditions de brousse!!!

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