Pas d'internet!!!
Papantla, Mexique, le 4 janvier 2007, 20 :15 heure centrale.
Bon, pour la première fois dans ce voyage, je n’ai pas de connexion internet. Je sais, ça tombe mal pour vous et pour moi. Pour vous parce que je reçois de plus en plus de messages d’intérêt, ce qui veut dire que vous allez être déçus de ne pouvoir lire mon billet quotidien, et pour moi, d’abord parce que je n’aime pas décevoir mes amis, et ensuite, parce que je commence sérieusement à prendre goût à cette façon de communiquer avec vous et, finalement parce que je suis addict à internet. Mesurez bien ce que je vais vous dire : si l’on m’offrait le choix, je pense que je préfèrerais une chambre non-fumeur avec accès à internet, qu’une chambre fumeur sans accès….
Je rédige donc ce billet d’aujourd’hui sur word, avec le secret espoir que je pourrai le publier demain en le coupant/collant sur une clé USB et en la transférant au café internet que j’ai spotté en arrivant. Si jamais vous lisez ce billet c’est que j’aurai réussi cet exercice de haute voltige. Si vous ne me lisez pas…. Laissez-donc faire!
Je suis à Paplanta. Petite ville à peu près à mi-chemin entre Tampico où j’étais hier, et Veracruz, où je pensais être aujourd’hui. J’ai changé d’idée ce matin en prenant mon café, moment privilégié où je détermine le trajet du jour. Faites comme moi; googlez Papantla, et vous verrez qu’il aurait été stupide de passer sans la voir… Je ne vous la raconte pas, je ne suis pas guide touristique. Voilà tout de même la vue que j’ai de ma chambre sans internet :
(Si vous ne voyez pas la photo, c’est que je me suis planté. Dites-le moi et je recommencerai autrement la prochaine fois)
J’aurais été vraiment nul de ne pas m’arrêter ici, et je m’en serais voulu. C’est sûr, il y a toujours le voyage du retour pour rattraper les erreurs de l’aller.
Papantla est un beau village à flanc de colline, dans la Sierra Madre orientale que je suis depuis mon entrée au Mexique. Comme la plupart des villes mexicaines, sa vie sociale est organisée autour du « Zocalo », la place où tout le monde se retrouve le soir. L’animation est assurée par les petits commerçants qui tiennent kiosque, par les cireurs de chaussures, des musiciens ambulants et, ce soir, un montreur d’ours. C’est surtout les gens qui font vivre cette place; on dirait que tout le village se retrouve ici le soir, après la journée de travail. Contrairement à l’Espagne et au Portugal qui ont cette même tradition, mais où les hommes et les femmes se promènent en groupes séparés, ici les familles se promènent ensemble pendant que les amoureux occupent les bancs publics(où ils sont seuls au monde, comme chacun sait). Tout ça fait un village qui a l’air heureux. J’aime cette atmosphère, et c’est là que j’ai fini ma soirée en me disant que j’aimerais finir ma vie dans un endroit comme ça!
Papantla se distingue aussi parce qu’elle est voisine d’un site archéologique remarquable : Tajin. Allez voir sur internet! Moi j’irai pour vrai demain et je vous raconterai sans faute.
C’est ici aussi que l’on perpétue la tradition Inca de ces précurseurs des sauteurs à l’élastique, les « voladores » J’ai vu leur spectacle ce soir en dînant au restaurant.
Ma batterie fout le camp; j’arrête tant qu’il est temps, suite au prochain numéro!
Reprise.
Je m’en voulais de cette fin abrupte faute d’électricité. Je suis dans un hôtel qui date des Totonaques; Je vous ai dit Incas tout à l’heure pour vous tester, et vous m’avez sans doute tous corrigé avec un petit sourire en coin en vous disant « tiens, il est encore dans son délire éthylique le vieux, le voilà qui se pense au Pérou! » TOTONAQUES!!! C’est bien comme ça qu’ils s’appellent ceux qui ont bâti et occupé Tajin de l’an 100 jusqu’en 1200 à peu près. Ils ont disparu bien avant l’arrivée des espagnols, pas étonnant pour un peuple qui pratique un sport qui consiste à se jeter d’un mat de 100 pieds de haut les pieds attachés à une corde!!! mais j’y reviendrai sans doute demain. Je vous en parle parce que ce doit être eux qui ont bâti cet hôtel; il n’y a pas une seule prise à 3 broches dans ma chambre, et c’est ça que ça prend pour brancher mon ordinateur. J’ai fait un petit bricolage maison et hop! Me voilà alimenté de nouveau. (Je ne vous dis pas quoi, il doit certainement y avoir une loi qui l’interdit!)
J’ai passé une très belle soirée; une des plus belles depuis que je suis parti. J’en avais besoin car la route a été dure; j’étais prévenu, c’est écrit dans le guide du CAA. La réalité était juste pire. Imaginez une route à 2 voies qui fait la largeur de la rue Saint-Paul(nids de poule inclus), sans accotement. Mettez-y le trafic normal d’une grand route, et vous avez le portrait. Non, pas tout à fait! Dans les particularités de routes mexicaines que j’ai déjà évoquées, j’ai oublié de parler de leur système de gestion de la vitesse! Ils appellent ça des « topes », ou encore des ralentisseurs ou des vibrateurs (si, si) et d’autres nom que j’oublie; en fait ce sont des « bumps » comme on en voit dans les ruelles d’Outremont. J’ai roulé toute la journée dans une ruelle d’Outremont à 100km/h! Il y en a partout de ces topes; à l’entrée et à la sortie de chaque village, aux arrêts d’autobus, aux passages pour piétons et j’en passe…. Chaque fois, il faut faire un arrêt presque complet. Au Mexique, on ne peut pas s’endormir au volant; il faut conduire!
Donc, disais-je, j’ai passé une soirée magnifique; petite promenade dans les rues et un excellent repas sur une terrasse (pour la première fois du voyage!) située à l’étage, dominant ainsi la joyeuse activité du Zocalo. J’ai mangé la nourriture typique, autrement dit je ne sais pas quoi. La serveuse était fière de moi, je le sais, elle me l’a dit. C’est de là que j’ai assisté au spectacle de voladores (more on that tomorrow) J’ ai conclu mon repas avec le meilleur expresso du voyage, et je suis parti me promener dans la foule…. Et j’ai bu 2 gallons d’eau pour éteindre les feux de l’enfer que ces spécialités locales m’ont allumé dans la gueule!
Il est 11 heures du soir; la musique vient d’arrêter sur la place, ma fenêtre est grande ouverte et je vais me coucher.

3 commentaires:
Captivant. Vite, vite la suite (mais avec photo cette fois)!
Ça y est! Je suis addict...
La Grande Asperge
A quand la suite
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