mardi 2 janvier 2007

Viva Mexico!!!

Bon, ça y est, j'ai franchi le Rubicon, euh, plutôt le Rio Grande. Pas de trafic, pas d'arrêt aux douanes, mon assurance mexicaine fraichement souscrite du matin même en poche, je plonge dans Matamoros avec la détermination d'un Indiana Jones! Pendant que je cherche mon chemin dans les rues sales et encombrées de cette ville frontière, un doute s'infiltre lentement dans mon esprit; le passage a été bien facile. Tous les guides concordent là-dessus; pour entrer au Mexique en auto, il faut une assurance mexicaine (je l'ai) un document d'immigration temporaire et un permis d'importation de la voiture. Je n'ai ni l'un ni l'autre. La carte routière indique un poste de contrôle douanier secondaire à 10 km; je le trouve à 20 km pour me faire confirmer ce que j'ai appréhendé tout le long. On retourne à la case départ (et ça presse!) et on recommence.
Alors, j'ai recommencé. Sur le chemin du retour, je subis ma première initiation à la culture populaire mexicaine; une voiture de police m'arrête. J'ai brûlé un feu rouge! Je suis sûr que non, il est sûr que oui! Il gagne... Dès que nous avons terminé cette petite argumentation, il m'explique d'un air ennuyé et presque compatissant (si, si) qu'il va devoir remplir un constat d'infraction, qu'il va devoir retenir mon permis de conduire qu'ils vont me rendre au poste lorsque j'aurais acquitté l'amende d'environ 25$. Alors on s'est arrangé pour 10$ tout de suite, tout le monde y trouvant son compte. Nous nous sommes serrés la main, et il m'a même fait un petit dessin pour que je ne me perde pas. Cool!
Retour aux douanes pour la troisième fois (avec le contrôle secondaire, vous suivez?) Là, je tombe sur un papy sympathique qui a appris le français il y a 30 ans, et qui l'a oublié! Il trippe sur Françoise Sagan et sur Sartre et les existentialistes en général. Les 8 personnes qui attendaient derrière moi devaient être ravies de nous voir découvrir tant d'affinités entre nous! On en a profité pour dire du mal des américains, et, avant de me laisser avec mon permis (je suis désolé, dit-il, je vous en donne un pour seulement 6 mois, c'est le maximum que je peux faire!) il me conte une blague: Vous savez comment on appelle une personne qui parle 3 langues? Un trilingue! Une qui parle 2 langues? Un bilingue! Et un qui parle seulement 1 langue? Un américain! Nous avons bien ri, pas ceux qui attendaient toujours.... Permis de touriste en poche, guichet d'en face pour l'importation temporaire de la voiture. Simple et expéditif. Un petit tour au bureau de change, et voilà! C'est fini.
Fini? Non, non, non; il faut encore se retaper les douaniers. Ha, vous allez à Cancun! (C'est mon petit mensonge, conseil de l'assureur de ce matin) Bel endroit, je vous envie... Rien à déclarer? Puis-voir vos bagages? Faites mon bon monsieur; parmi la montagne de caisses de livres et d'outils qui remplissent ma voiture, il choisit ma petite valise d'hôtel, l'entrouvre et c'est fini. Bon voyage et profitez bien de notre beau pays! J'aurais dû le photographier; c'est pour la vie mon douanier préféré.
Ce fut ma journée. J'ai décidé que ces émotions méritaient compensation. À 3 heures j'ai pris une chambre dans un gros Holiday Inn à la sortie de la ville, je me fais gâter en préparant la prochaine étape. Dans 2 jours je serai à Veracruz (J'ai décidé de ne pas rouler la nuit vous vous rappelez?) où je tâcherai de trouver un hôtel avec internet.

Viva Pancho Villa y hasta la proxima vez, amigos!

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