samedi 13 janvier 2007

Esquipulas II


Esquipulas! Je me suis gentiment fait reprendre chaque fois que j’ai prononcé le nom de cette petite ville. D’abord par ce gentil gardien de sécurité de l’Université de Guatemala City lorsque je me suis perdu en voulant quitter la ville. Tout le monde se perd Guaté. Lorsque je lui ai expliqué mon cas, il a appelé la patrouille auto pour qu’elle me montre le chemin. Je n’ai eu qu’à les suivre et voilà ! Je leur ai offert un petit quelque chose, et ils ont refusé. On est loin du Mexique! Le gardien lui a accepté les 10 Quetzals que je lui ai offerts. Ah oui, je sais que vous le savez tous, mais je vous le rappelle au cas où vous l’auriez oublié; le Quetzal, c’est la monnaie d’ici. 7,5 Quetzals pour 1$ US. Esquipulas, me reprit-il en accentuant l’antépénultième syllabe; moi j’accentuais le "i". Je me trompe encore de temps autres, et je me fais toujours reprendre, avec gentillesse toujours.
J’ai fait une très belle étape aujourd’hui; courte et belle. Le Guatemala est un pays de montagnes et de volcans; le paysage est beau et dur. Les montagnes sont tellement pic qu’elles offrent peu d’espace de culture. Elles sont couvertes d’une végétation très verte mais très broussailleuse. C’est un vrai émerveillement de voir les campesinos utiliser chaque espace disponible pour la culture vivrière; au besoin, ils creusent à la main de minuscules terrasses (des restanques comme dirait mon ami Jean-Pierre) pour agrandir l’espace cultivable. La route est naturellement une route de montagne. J’ai du prendre au moins 3 millions de virages depuis que je suis ici; je me suis musclé les bras comme Rambo! Quel soulagement donc lorsque, passé quelques dizaines de Km, je suis entré dans une large vallée fertile, d’apparence prospère et au longues routes droites. Je ne sait pas ce qu’ils cultivent, mais j’ai vu des raisins et des cucurbitacées aux étals des marchés; j’aurais pu dire des citrouilles et leurs dérivées, mais il y en avait de très bizarres... Beaucoup de melons et de pastèques. J’ai aussi vu de grands champs où ils cultivent dieu sait quoi sous pellicule de plastique; il faisait 33°celcius ce 12 janvier! Peut- être cultivent-ils des légumes cuits la source? Je vais creuser la question...
C’est comme ça que je suis arrivé vers 16 heures Esquipulas. Détendu et émerveillé par les paysages changeant de cette étape.
Vous avez compris de mon dernier message que ce n’est pas le lieu de pèlerinage qui m’a attiré ici. Je hait la religion et le mercantilisme; on y trouve les deux. C’est plutôt qu'ici ont eu lieu les rencontres entre les chefs d’état d’Amérique centrale qui ont abouti aux célèbres accords d’"Esquipula II" en 1986. Ces accords ont été salutaires pour la normalisation de la vie sociale et politique dans toute l’Amérique centrale, et ils ont aussi permis la réalisation des accords de paix au Guatemala en 1996. Je m’étais un peu intéressé ces choses l’époque, et vu que je passais par là , ben je m’y suis arrêté!
J’ai des photos! J’espère qu’elles sont bonnes et que j’aurai la patience de les installer pour que vous les voyez (au fait, si l’un de vous pouvait me donner des conseils sur une façon facile d’afficher des photos sur un blog, je l’apprécierais énormément!) Quel spectacle fascinant que cette ville bâtie autour d’un énorme basilique; elle fût construite sur les ordres d’un mec important, un chef d’église, qui guérit "miraculeusement" de dieu sait quelle maladie, il y a 250 ans. Énorme basilique avec un immense parvis prolongé d’une immense place. Les marchands sont installés tout autour de la place, leurs étals donnant dans les rues qui en font le tour. Sur la place même, un immense camp de réfugiés, o plutôt, ce que j’ai vu qui s’en rapproche le plus! Ce sont les pèlerins qui sont installés là , sous des abris de fortune (beaucoup de toiles bleues ou brunes en plastique) en attendant de faire leurs dévotions au Christ Noir, et sans doute en attendant sa fête, le 15 janvier. Je me suis promené dans ce camp, et par pudeur j’ai pris peu de photographies en feignant de photographier la basilique; j’ai été impressionné par l’atmosphère de foi intense qui se dégageait de ce campement de fortune. Vrai que la religion est la cocaïne du peuple! Je n’ai pas vu de gringos mais, manifestement il y a beaucoup de touristes du reste de l’Amérique centrale, Esquipulas est un lieu de culte important pour toute la région.
J’ai pris un hôtel en face du camp de réfugiés histoire d’ être dans l’action. En me voyant ils m’ont spontanément offert la suite. Je l’ai prise, c’est ma fête et elle coûte 40$. C’est une belle grande chambre, pas d’internet et une belle télévision écran plat. Je ne l’allume pas, j’entends celle du voisin...
Demain je rentre au Honduras, et je suis en train de me convaincre d’arrêter tous près de la frontière, Copan qui recèle un fabuleux site Maya. Je verrai selon mon humeur, la température et les formalités aux douanes.
Dépéchez-vous d’aller voir les sites internet de tous ces noms que je vous cite c’est d’un grand intérêt; moi je n’ai pas le temps de le faire, mais je le ferai. Aussi, quand je serai grand, je vous mettrai des liens directs dans mon blog.

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