mercredi 3 janvier 2007

Tropique du Cancer

Oui, j'aime beaucoup Henri Miller; j'ai lu presque tous ses livres incluant sa correspondance avec Anaïs Nin. Tient, je vous fait cadeau d'une citation de lui: «Il n'est pas un de nous qui ne soit coupable d'un crime : celui, énorme, de ne pas vivre pleinement la vie» (Sexus) Mais c'est pas de lui que je veux vous parler. Le titre, c'est juste parce que je l'ai traversé aujourd'hui en voiture pour la première fois de ma vie, le tropique. Je le sais, c'est sur mes cartes et je l'ai vu aussi sur la pancarte qui l'indique sur la route.
Je me suis enfoncé de près de 500 km dans le Mexique, à Tampico que je ne verrai pas cette fois-ci. J'ai essayé, et j'ai reculé, trop étourdi par ma première vraie journée de routes mexicaines. Je suis dans un Best Western tout neuf à l'entrée de la ville, tout près de la route de Veracruz, ma destination de demain.
Je n'ai pas pris de photos non plus; je sais, c'est nul, mais à ma défense, il a plu toute la journée. J'ai trouvé que ce n'était pas très propice à la photographie. J'ai lambiné ce matin et je suis parti vers 10 heures. Pour la 4ème fois (rappelez-vous hier) je suis passé au contrôle douanier sans histoires; je fais presque partie de la famille désormais! La route et les habitudes de conduite mexicaines sont un peu désarmantes au début, mais on s'y fait. Je ne sais pas par où commencer... Disons la route; une voie dans chaque sens et un bel accotement asphalté qui pourrait servir de voie de circulation. D'ailleurs, c'est à ça qu'il sert principalement; lorsqu'on dépasse, la voiture dépassée se range courtoisement sur l'accotement. Ceux d'en face font pareil, ce qui fait qu'on passe à 4 de front (des fois 4 et demi) sur une route à deux voies! Des fois il y a des voitures stationnées; ces fois là on ne dépasse pas et puis c'est tout. J'ai aussi appris l'usage contextuel des clignotants; lorsque l'automobiliste mexicain flashe à gauche, c'est pour nous faire signe que selon lui la voie est libre et on a le temps de passer. En général. Des fois, plus rarement, ça peut aussi vouloir dire qu'il dépasse lui-même! De temps à autre, on en voit même qui nous indiquent par là qu'ils tournent à gauche! Bref, l'interprétation du flasher gauche demande un minimum de jugement. Et le clignotant droit me direz-vous? Eh bien j'en sais rien, je n'en ai pas encore vu....
La tonte de l'herbe sur le bord des routes est assurée par le bétail, en liberté (non je ne roulerai pas la nuit!) Ça, c'est quand il y a de l'herbe.... Dans les villages, il n'y en a pas. Tout l'espace entre l'asphalte et ces rangées typiques de boutiques à la façade ouverte est en terre. Alors, quand il fait sec, ça explique la poussière omniprésente comme hier, mais quand il pleut comme aujourd'hui, ça devient un champ de boue innommable. Cette boue s'étale aussi sur la route qui devient glissante comme une planche à savon.
La signalisation est intéressante; j'ai vu des panneaux assez uniques, genre "respectez la signalisation", "Ne détruisez pas la signalisation", plus au sud celui-là est devenu "ne maltraitez pas la signalisation", ou encore "choisissez judicieusement votre voie de circulation";
Dommage qu'il aie plu, les paysages étaient superbes; après quelques dizaines de km de plaine, la même qu'au États-unis, le terrain devient plus accidenté et aride; les champs de culture laissent la place à des collines occupées par des grands éleveurs. J'ai même vu des cow-boys ( ici on dit des péons) à cheval comme du temps de John Wayne! (heureusement qu'il est mort celui-là, parce qu'à la vitesse où il les tuait, les péons mexicains, il n'en resterait plus!)
Bon, j'en aurais encore beaucoup à dire, mais j'en garde pour la prochaine fois. Demain je me rends à Veracruz où je m'installe pour 2 ou 3 jours dans cette ville dont j'attends beaucoup. Ce sera une longue étape, il faut que je parte de bonne heure.

Vive le tropique du Cancer!

5 commentaires:

Marie Eve a dit…

Ca y est, je suis accroc a ton blog - je le lis tous les matins, avant meme la BBC et Salon.com! En passant, les photos de paysages mouilles, c'est beau aussi!

gros becs xxx

Anonyme a dit…

Salut Pierrot,je viens de tout lire ce que tu as écrit depuis le départ et j'ai décidé de m'abonner à ta chronique. Gros bisous et Bonne Année!!!
Caroline

Anonyme a dit…

Salut le poète voyageur , j'ai toujours des problèmes pour t'envoyer mes commentaires.....Peut être que celui là me confirmera que c'est le bon !!
jpo

Anonyme a dit…

Ouf , ça y est !!
Comme tu peux voir ,je te recrute du monde ...
A bientôt de te lire !!
jpo

Anonyme a dit…

Salut l'ex-patron

Marianne te fait de la pub. Enfin tu es vraiment retraité, après tout, faut laisser le travail qui reste pour les autres !

Je ne savais pas que tu avais lu Henry Miller, ça te rend encore plus sympa !

C'est une bonne idée ce blogue du voyageur en solitaire, je te lirai avec plaisir.

Carole, la bénévole créole